AccueilÉDITO

L’UE retire huit pays de sa liste noire des paradis fiscaux, dont le Panama

Publié le

par Clothilde Bru

La liste noire des paradis fiscaux a été réduite de plus de moitié, un mois et demi à peine après sa création.

Le 5 décembre dernier, la Commission européenne rendait publique sa liste noire des paradis fiscaux. Au lendemain des "Panama Papers", les ministres des finances de l’Union européenne (UE) avaient décidé de réagir en listant les pays dont les pratiques fiscales étaient jugées non coopératives.

Mardi 23 janvier, Les Échos rapportent que cette liste, qui comptait à l’origine 17 États va être réduite de moitié. Réunis à Bruxelles, les ministres des finances des pays de l’Union européenne ont choisi d’en retirer 8 pays, dont le Panama pourtant à l’origine même de sa création.

Le Panama, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis, la Tunisie, la Mongolie, Macao, Grenade et la Barbade ont donc officiellement disparu de cet inventaire grâce aux engagements qu’ils ont pris en termes de coopération et de transparence.

Cette liste était déjà critiquée pour ne pas avoir inclus certains des pays membres de l’UE comme l’Irlande et le Luxembourg, qui sont pourtant des terres d’asile notoire en matière d’évasion fiscale.

Ils rejoignent la liste "grise" des paradis fiscaux

Toutefois ces 8 pays ne sortent pas pour autant des radars du conseil Ecofin (qui désigne les ministres de l’économie et des finances de tous les États membres). Ils rejoignent la "liste grise" des paradis fiscaux. Ce deuxième index est composé de 55 États qui ont pris des engagements de coopération et de transparence fiscale.

Selon Les Échos, pour certains pays comme la Tunisie où les Émirats Arabes unis, il ne s’agit que d’une mise en conformité, ces derniers s’étant engagés à mettre en place des pratiques plus transparentes avant même la création de cette liste noire.

Toutefois si ces engagements n’étaient pas mis en œuvre, chacun des pays de la liste grise peut retourner dans la liste noire. Côté partisans de la transparence fiscale, on accuse l’UE d’avoir cédé à des pressions diplomatiques.

Le ministre des Finances, Bruno Le Maire lui, y voit un progrès dont il s’est félicité sur son compte Twitter : "Liste noire des paradis fiscaux : la pression européenne a apporté ses premiers résultats !"

À lire -> Paradise Papers : on vous aide à vous y retrouver dans la nouvelle grande enquête sur l’évasion fiscale

À voir aussi sur konbini :