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L’ONG Human Rights Watch accuse les forces de police de Calais d’abus de pouvoir

Publié le

par Astrid Van Laer

Dans un rapport publié mercredi 26 juillet, l’ONG Human Rights Watch dénonce des "abus de pouvoir" de la part des policiers présents à Calais. Elle accuse également les forces de l’ordre sur place d’avoir un "usage courant du gaz à poivre".

Mercredi 26 juillet, l’Organisation non gouvernementale Human Rights Watch a publié un rapport intitulé "'C’est comme vivre en enfer', Abus policiers à Calais contre les migrants, enfants et adultes" qui met en cause les agissements des forces de l’ordre présentes sur le site de l’ancienne jungle de Calais. Fondé sur "des entretiens menés avec plus de 60 demandeurs d’asile et migrants, à Calais, Dunkerque et aux alentours, ainsi qu’avec une vingtaine de travailleurs humanitaires actifs dans cette zone", ce document dresse un bilan alarmant.

L’organisation rapporte avoir constaté que les policiers et CRS en poste à Calais "font un usage courant de gaz poivre sur des migrants, enfants et adultes, alors qu’ils sont endormis, ou dans d’autres situations où ils ne présentent aucune menace ; qu’ils aspergent de ce gaz ou confisquent des sacs de couchage, des couvertures et des vêtements ; et que parfois, ils pulvérisent du gaz sur la nourriture et l’eau des migrants". Elle les accuse également d’entraver l’action des bénévoles humanitaires venus apporter leur aide sur place.

Un état d’épuisement physique et mental

Selon eux, les droits humains sont constamment bafoués. Une opinion partagée par le défenseur des droits Jacques Toubon, qui a publié le 14 juin dernier un rapport pointant du doigt "les conditions de vie inhumaines" des migrants à Calais :

"Le défenseur des droits demande que soit mis un terme aux atteintes aux droits fondamentaux les plus élémentaires dont sont victimes les exilés, notamment les mineurs, et qui demeurent à ce jour sans précédent […].

[Les migrants] disent être traqués jour et nuit dans plusieurs sous-bois de la ville. [Ils] ne peuvent dès lors plus dormir, ni même se poser ou se reposer et restent constamment sur le qui-vive. Ils sont visiblement dans un état d’épuisement physique et mental."

Est également évoquée par les membres de Human Rights Watch la promesse du président de la République Emmanuel Macron de prendre de nouvelles mesures, qui, selon l’ONG, contraste grandement avec la situation sur place, notamment "avec la manière dont les demandeurs d’asile et les autres migrants sont actuellement traités à Calais."

Après avoir réalisé ces entretiens, Humans Right Watch a interrogé le sous-préfet de Calais, Vincent Berton, qui a démenti ces accusations, évoquant des "allégations […] qui ne sont pas basées sur des faits". Il ne s’agit pourtant pas de la première mise en cause formulée à l’encontre des forces de police de Calais. Déjà, le 10 juillet dernier, des ONG dénonçaient l’empoisonnement de l’eau destinée à être donnée aux migrants.

À lire -> Reportage : trois jours passés dans la jungle de Calais, avant l’évacuation

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