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Le lien étrange entre AC/DC et le hack d'Ashley Madison

Publié le

par Théo Chapuis

C'est au son du hit d'AC/DC "Thunderstruck" que les employés d'Ashley Madison ont découvert le hack sur leurs ordinateurs portables. On vous raconte.

AC/DC, les cornes, Ashley Madison... Habile (Détail de la pochette du "Live at River Plate" d'AC/DC)

Lorsque les journalistes se sont assis dans la pièce où avait lieu une énième conférence de presse autour du leak de données Ashley Madison, ils ont d'abord cru à une erreur : dans le dossier distribué par les agents de police de Toronto, une pleine page était dédiée aux paroles d'un des plus grands succès d'AC/DC : "Thunderstruck", hymne hard rock à la fête et aux femmes, taillé pour les stades par les Australiens et sorti en 1990.

Non, les enquêteurs n'improvisaient pas un petit karaoké entre gens de bonne compagnie pour détendre l'atmosphère un peu lourde (surtout après l'annonce tragique de deux suicides sans doute liés au leak). Si la presse tenait entre ses mains les paroles fougueuses du hit double-platine, c'est pour une toute autre raison : le 12 juillet, lorsque les employés du site Ashley Madison sont arrivés au bureau, ils ont pu constater avec étonnement que leurs ordinateurs affichaient un message envoyé par les hackers indiquant leur opération pirate. Au même moment, les enceintes de leurs laptops diffusaient toutes la même chanson : "Thunderstruck".

Avant d'être le titre de ce célèbre morceau composé par la paire Angus/Malcolm Young, le mot "thunderstruck" a plusieurs significations. Selon l'urban dictionary, il s'agit par exemple d'un jeu à boire stupide... mais il a surtout le sens de "choqué" ou "abasourdi", d'une façon exagérée. De son côté, lorsqu'il braille les paroles du morceau, Brian Johnson raconte une histoire de beuverie si intense que le personnage fictif se réveille au beau milieu d'une voie ferrée après avoir passé la nuit sous l'emprise de la bibine et les charmes de nombreuses femmes.

AC/DC en Iran

Jouer ce titre en guise d'alarme auprès du staff du site de rencontres extra-conjugales n'est donc pas anodin. Or, comme le magazine The Verge le signale, ce n'est pas une première pour AC/DC : le tube du groupe de hard rock avait déjà été utilisé dans une précédente histoire de hacking.

En 2012, un scientifique de l'organisation de l'énergie atomique d'Iran rapportait avoir été victime de la même farce. Après avoir rendu un rapide diagnostic sur l'attaque informatique dont il était victime, voilà ce qu'il ajoutait :

Il y avait aussi de la musique qui sortait de plusieurs des postes de travail au milieu de la nuit avec le volume monté à fond. Je crois que c'était "Thunderstruck" par AC/DC.

À l'époque, l'expert en sécurité informatique Mikko Hypponen qui avait reçu l'e-mail d'alerte envoyé par l'Iranien émettait déjà quelques doutes. Ce mail envoyé depuis l'organisation de l'énergie atomique d'Iran était-il une tentative de hoax ? Mais pourtant, quel aurait été l'intérêt de l'agence nucléaire à diffuser une telle intox ? Auprès de Gawker, il confiait tout de même ses interrogations concernant la bande originale du prétendu piratage :

Ça sonne faux. S'il y a bien eu une attaque, pourquoi le pirate se serait-il annoncé en diffusant "Thunderstruck" ?

Mystère. Reste que ce hack a fait cas d'école parmi les geeks du World Wide Web, au point qu'un certain Christopher Campbell a même lâché un code de sa composition sur la plateforme GitHub afin de recréer la blague en 2013.

Point culture adultère

Les arcanes du hack d'Ashley Madison sont encore obscurs. Sauf que tout bien réfléchi, il nous semble pouvoir aider à cette enquête en assurant que les hackers de la désormais célèbre Impact Team ne sont pas francophones. Sinon, il est vraisemblable qu'ils aient utilisé l'une des nombreuses pépites de la variété guimauve à la française qui donnent envie de crier "Ciel, mon mari !" en tirant les draps – à tous les pirates informatiques désireux de hacker un nouveau site de rencontres extra-conjugales, on ne saurait que trop conseiller les hits qui traitent de l'adultère suivants :

  • "Et tu danses avec lui" de Didier Barbelivien, interprété par l'immortel C. Jérôme ;
  • "J'te mentirais", avec le poignant Patrick Bruel au micro ;
  • La bouleversante "Confessions nocturnes" de Diam's ;
  • Ou encore notre préférée, "Je voudrais la connaître" chantée par Patricia Kaas et écrite par ce cher Jean-Jacques Goldman. On écoute.

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