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L’étudiant américain emprisonné en Corée du Nord est mort des suites de ses blessures

Publié le

par Virginie Cresci

Otto Warmbier, un étudiant américain de 22 ans, est mort ce lundi 19 juin, après 18 mois de détention en Corée du Nord. Rapatrié aux États-Unis le 13 juin dernier, il était dans le coma et souffrait de graves lésions cérébrales.

Retour sur une tragique histoire. En mars 2016, Otto Warmbier, venu visiter la Corée du Nord à l’occasion d’un voyage organisé pour le Nouvel An, est condamné à quinze ans de travaux forcés pour avoir volé une affiche de propagande. Un jugement lapidaire rendu en moins d’une heure. Le régime autoritaire de Pyongyang avait organisé une importante conférence de presse peu après son arrestation, le présentant à la presse étrangère. L’étudiant y était apparu fébrile et désarmé, et avait déclaré en pleurs avoir commis "la pire erreur de [s]a vie".

Les circonstances de sa mort demeurent douteuses

Libéré par Pyongyang le 13 juin dernier, il se trouvait alors dans un état végétatif, et ce depuis plus d’un an, sans que sa famille n’en ait été informée. Lors de son arrivée chez lui, à Cincinnati dans l’Ohio, les médecins ont pu constater que le jeune homme souffrait de graves lésions neurologiques, qui d’habitude sont la cause d’un arrêt cardio-respiratoire. "Il était incapable de parler, incapable de voir et incapable de réagir à des commandes verbales. Il semblait très mal à l’aise, presque angoissé", a confié sa famille qui a dénoncé les "mauvais traitements, atroces et barbares" qu'Otto aurait subis.

Le régime coréen, lui, s’est dédouané de toute responsabilité en prétextant avoir trouvé des traces de botulisme, une maladie paralytique, dans l’organisme du jeune homme. Mais les médecins américains n’ont constaté aucune trace de cette maladie dans les analyses qu’ils ont effectuées. En revanche, il leur semble évident qu’Otto Warmbier ait violemment été battu en prison, ce qui aurait entraîné son coma.

"Beaucoup de choses terribles se sont passées, a indiqué Donald Trump après l'annonce du décès de l’étudiant. Mais, au moins, nous l’avons ramené chez lui pour qu’il soit avec ses parents." Le président américain a également dénoncé le "régime brutal" de Pyongyang. Lors d’une conférence de presse organisée ce lundi 19 juin, le père d'Otto Warmbier, qui avait enfilé la veste de son fils, s’est dit "fier" de lui. Ému, il a souligné que ce dernier "s’est retrouvé chez un régime paria ces 18 derniers mois, maltraité et terrorisé", rapporte l’AFP.

En réalité, Otto Warmbier, qui n’avait commis aucun acte grave, a subi les conséquences des relations très tendues entre son pays et la Corée du Nord. Le régime communiste, voulant développer sa puissance militaire grâce à l’armement nucléaire, a multiplié les tirs de missiles depuis le début de l’année. Et les otages servent de monnaie diplomatique avec les États-Unis.

Pour l’heure, trois autres ressortissants américains sont encore détenus par le régime : deux enseignants qui travaillaient dans une université de Pyongyang et un pasteur américano-coréen accusé d’espionnage pour la Corée du Sud. On se demande quelles seront les conséquences diplomatiques de cette mort terriblement injuste.

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