Le mouvement Nuit Debout, à Paris, sur la place de la République (© Olivier Ortelpa/CC)

featuredImage

Des petits malins veulent s'approprier la marque Nuit debout

Au moins trois tentatives de dépôt de la marque Nuit debout ont été effectuées auprès de l'Inpi. Sans surprise, le mouvement ne veut pas qu'on fasse du business sur son dos.

Le mouvement Nuit Debout, à Paris, sur la place de la République (© Olivier Ortelpa/CC)

Le mouvement Nuit debout, à Paris, sur la place de la République. (© Olivier Ortelpa/CC)

Né il y a deux mois d'une volonté d'opposition à la loi Travail "et au système qui va avec", le mouvement Nuit debout fait aujourd'hui l'objet d'au moins trois dépôts à l'Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi) afin d'en acquérir la marque. D'après 20 Minutes, l'institut devrait se prononcer dans les prochains mois afin de décider s'ils sont recevables ou pas. Un non-sens pour les premiers intéressés.

Un article sur le blog de Nuit debout daté du 1er juin exprime le refus que quelqu'un fasse "du business sur le dos du mouvement, et ce en toute légalité". Il met à disposition de tous un courrier-type de contestation à envoyer à l'Inpi pour contrer le dépôt d'une éventuelle marque, avec pour conclusion du message : "Nuit debout n’appartient à personne. Nuit debout appartient à nous tous." C'est dit.

"Deux personnes physiques et une personne morale, une boîte de production, souhaitent faire de Nuit debout une marque", confie Xavier, élève-avocat et membre du collectif Avocats debout auprès du journal. D'après Numerama, ils souhaitent s’approprier l’usage de l'expression pour vendre des vêtements, des articles de papeterie ou "des choses plus étranges comme des événements sportifs".

Récupération

Mais certains ont fait fi de la mention de propriété intellectuelle pour s'emparer de la "marque" Nuit debout : en quelques clics, ont trouve de nombreux objets d'ores et déjà "brandés" Nuit debout sur la Toile, surtout des T-shirts.

L'année dernière, de nombreux internautes s'étaient offusqués de découvrir le business obscène autour de l'expression "Je suis Charlie" dont le logo noir et blanc avait été frappé sur des T-shirts, casquettes et autres mugs. Numerama rappelle que l'Inpi avait "sagement refusé" l'enregistrement de ces marques.

Xavier, le membre du collectif Avocats debout, estime auprès de 20 Minutes qu'il y a donc de bonnes chances pour que l'Inpi déboute ces dépôts de marque :

"Nous estimons que Nuit debout ne doit pas être considéré comme un produit issu d’un opérateur économique. C’est un mouvement horizontal constitué d’une diversité de personnes aspirant à penser un autre monde. Ce n’est pas une marque, c’est un élan citoyen et à ce titre, nous refusons toute récupération."

Par Théo Chapuis, publié le 02/06/2016