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Les réformes sur la taxe d’habitation et sur l’ISF seront finalement mises en œuvre en 2018

Publié le

par Cyrielle Bedu

Emmanuel Macron a décidé ce dimanche 9 juillet d’avancer la mise en œuvre des réformes de l’ISF et de la taxe d’habitation. Selon France Info, ces dernières seront finalement appliquées dès 2018.

Il s’agissait de promesses de campagne d’Emmanuel Macron : l’exonération de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages et la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF), qu’Emmanuel Macron voudrait transformer en impôt sur la fortune immobilière. Tandis que, lors de son discours de politique générale, le Premier ministre Édouard Philippe était resté flou quant à la date d’application de ces réformes, parlant de mises en œuvre d’ici "la fin du quinquennat", soit vers 2022, dimanche 9 juillet, Emmanuel Macron a fait part de sa décision de changer le calendrier de ces réformes fiscales. "Le président souhaite que ce qu’il a appuyé durant la campagne soit mis en œuvre rapidement", a ainsi indiqué une source gouvernementale aux Echos.

Mais ce revirement est surtout une réponse aux nombreuses critiques essuyées par le gouvernement après l’annonce du report en 2019 de plusieurs baisses d’impôts promises par le candidat Macron. C’est dans ce contexte qu’Édouard Philippe a annoncé samedi 8 juillet une baisse des prélèvements obligatoires "d’environ 7 milliards d’euros" dès 2018. Mais "en réalité, il s’agissait de mesures décidées par François Hollande en 2016 entrant en vigueur seulement l’an prochain au plan budgétaire, et que l’exécutif n’avait aucune intention de remettre en question", indique le journal économique Les Echos.

Des réformes phares pour le candidat Macron

La réforme de la taxe d’habitation voulue par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle a pour objectif d’exonérer de cette taxe les Français ayant déclaré un revenu fiscal inférieur à 20 000 euros par an et par part (et 40 000 euros pour un couple). 80 % des Français seront concernés par cette exonération. Une aubaine donc pour beaucoup de ménages français, mais une véritable angoisse pour de nombreux maires de tous bords, qui voient en cette exonération chiffrée à 10 milliards d’euros, une perte pour les recettes propres de leurs communes. En réponse à ces critiques de l’Association des maires de France, Emmanuel Macron avait promis lors de la campagne que l’État "remboursera[it] à l’euro près directement aux collectivités".

Sauf que jeudi 29 juin, la Cour des Comptes mettait en garde le gouvernement d’Édouard Philippe après avoir effectué un audit des dépenses publiques. La Cour avertissait ainsi le Premier ministre qu’en 2017 "sans mesures fortes de redressement", le déficit public pourrait atteindre 3,2 % du produit intérieur brut (PIB), ce qui représenterait un coût de 8 milliards d’euros, "légué par le précédent gouvernement, dont Emmanuel Macron fut le ministre de l’économie entre 2014 et 2016", rappelle Le Monde.

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