Les plus belles pochettes d’albums érotiques

"Sexy cool", chantait Philippe Katerine en 2013. Et il n’a pas tort : le sexy a toujours été cool, bien avant lui. Depuis les années 1970, beaucoup d’artistes ont surfé sur la vague de l’érotisme, souvent en affichant des corps dénudés et des positions ambiguës sur leurs pochettes d’albums. Voici un petit condensé des plus réussies et controversées d’entre elles, selon leur style.

Les suggestives

The Velvet Underground & Nico, 1967

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La cultissime banane d’Andy Warhol, qui a servi de pochette au premier album des Velvet Underground et Nico, fut aussi la plus inventive et la plus copiée. Symbole phallique par excellence, le fruit était accompagné de la mention "peel slowly and see" (épluchez lentement et regardez).

The Dandy Warhols, Welcome to the Monkey House, 2003

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Plus tard, en 2003, The Dandy Warhols s’inspirèrent de cet artwork pour leur disque Welcome to the Monkey House, reprenant une peinture de Ron English.

The Rolling Stones, Sticky Fingers, 1971

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Habitués au parfum du scandale, les Rolling Stones dévoilent en 1971 Sticky Fingers, le premier album enregistré pour leur propre maison de disques. La pochette, laissant entrevoir l’entrejambe d’un homme dans un jean très près du corps, a une fois de plus été imaginée par Andy Warhol, d’après une photographie de Billy Name.

Ce visuel, devenu culte, est le premier à comporter la désormais célèbre marque de fabrique du groupe de rock, la bouche rouge avec la langue tirée. Quant à l’identité de la personne photographiée, elle reste un mystère : une chose est sûre, il ne s’agit pas de Mick Jagger !

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The Pharcyde, Bizarre Ride II, 1992

Pour son premier album studio, Bizarre Ride II, sorti en 1992, le groupe de hip-hop américain The Pharcyde ose une métaphore illustrée de l’orgasme féminin, sous la forme d’un cartoon. Une drôle de virée dans les montagnes russes réalisée par le graffeur Slick K2S.

Whitesnake, Lovehunter, 1979

En 1979, le groupe britannique Whitesnake lance un (gros) pavé dans la mare du politiquement correct en dévoilant la pochette de son album Lovehunter – qui n’est pas sans rappeler la scène culte de King Kong –, dessinée par l’artiste Chris Achilleos, réputé pour ses sulfureuses pin-up.

Les gourmandes

Wild Cherry, Wild Cherry, 1976

Après les bananes, on vous le donne en mille… place aux cerises ! Pour son premier album paru en 1976, le groupe de funk rock Wild Cherry choisit un visuel aussi gourmand que lubrique, sensuel à souhait et évocateur du désir, avec ces lèvres juteuses se délectant… d’une bonne grosse griotte.

Ohio Players, Honey, 1975

Spécialiste en matière de pochettes charnelles, le groupe seventies Ohio Players signe un visuel vintage et libidineux. De quoi vanter les nombreuses vertus de ce précieux liquide qu’est le miel. Ça tombe bien, c’est aussi le nom de leur album !

Pour l’anecdote, une drôle de rumeur a longtemps laissé sous-entendre que le modèle prenant la pose sur cette photographie aurait été défiguré par la substance nocive (censée être du miel) et, pire encore, que cette jeune femme aurait été poignardée par le manager du groupe. Fort heureusement, ce sordide ragot a été démenti.

Herb Alpert’s Tijuana Brass, Whipped Cream & Other Delights, 1965

Que toutes celles qui rêvent de se marier en robe de chantilly se rassurent : Herb Alpert’s Tijuana Brass y a aussi songé. Pour l’album Whipped Cream & Other Delights, sorti en 1965, la mannequin Dolores Erickson, alors enceinte de trois mois, prend la pose dans une robe – non pas couverte de crème fouettée –, mais de mousse à raser. Au total, dans sa carrière, la top model a illustré plus d’une dizaine de pochettes d’albums. Une profession à part entière !

Les poses lascives

Prince, Lovesexy, 1988

Champion toutes catégories confondues, Prince et son album Lovesexy, plein de spiritualité et de positivisme amoureux, est passé maître dans l’art de l’autodérision. Ce nu de l’artiste, réalisé par Jean-Baptiste Mondino, dans un univers d’un blanc immaculé, a évidemment une forte connotation religieuse.

À sa sortie, le disque a fait scandale dans plusieurs États conservateurs de l’Amérique du Nord, ce qui n’a pas empêché la pochette de rejoindre le panthéon des plus cultes de l’histoire de la pop music.

Leon Ware, Musical Massage, 1976

Que fait donc cette jeune femme dans cette étrange position – que les adeptes du yoga qualifieront de "posture du chien tête en bas" ? Un Musical Massage, quelle question ! Sorti en 1976 chez Motown, le disque bénéficie d’une pochette sexy mais jamais vulgaire, d’après un cliché pris par Sam Emerson, connu pour avoir travaillé avec Michael Jackson ou sur les films de la saga Pirates des Caraïbes.

The Darkness, Hot Cakes, 2012

Vous connaissiez les pancakes, mais avez-vous goûté aux hot cakes ? En 2012, The Darkness et leur rock déjanté faisaient trembler les murs des chambres d’éternels ados et frissonner les amateurs de jaquettes langoureuses avec ce dessin du Londonien Rob Chenery (du studio de design Tourist), représentant trois plantureuses jeunes femmes couvertes de miel, allongées sur des pancakes, aux poses plus lascives que jamais.

Une question reste en suspens : la ressemblance de la blonde de droite avec Courtney Love a-t-elle été volontaire ? Pour ceux que l’étonnant making-of de cet artwork intéresserait, le lien est ici.

Cachez ce sein…

Roxy Music, Country Life, 1974

Passé maître dans l’art des pochettes d’album cultes, Bryan Ferry et son groupe Roxy Music dévoilaient en 1974 Country Life. Sur cette photographie, shootée par Eric Boman, deux jeunes femmes (l’une étant la cousine de Michael Karoli, guitariste du groupe Can, et l’autre la petite amie de ce dernier) prennent la pose en sous-vêtements devant des buissons, leurs mains cachant leurs parties intimes.

Cette pochette a été censurée aux États-Unis, en Espagne et aux Pays-Bas lors de la sortie de l’album… Ce qui n’a pas empêché le disque de se retrouver dans le classement des 500 meilleurs albums de tous les temps du magazine Rolling Stone.

Scorpions, Lovedrive, 1979

La pochette de Lovedrive – considéré à ce jour comme le meilleur album du groupe allemand Scorpions – a été élue pochette de l’année par le magazine Playboy. Conçue par le regretté Storm Thorgerson, disparu en 2013, elle fut censurée au moment de sa sortie et remplacée par un fond noir, avec un scorpion de couleur bleue. Ce n’est qu’au moment de la réédition du disque que la pochette originale, avec son sein chewing-gum, a pu connaître toute la gloire qu’elle mérite.

Ween, Chocolate and Cheese, 1994

Wonder Woman aurait-elle perdu quelques bouts de tissus au cours d’une bataille ? Que nenni, il s’agit d’Ashley Savage prenant la pose pour Chocolate & Cheese, le quatrième album du duo de rock américain Ween. Il s’agit d’un petit clin d’œil, beaucoup plus sexy, à une autre pochette, celle du disque All Great Hits des Commodores.

Jesse Green, Nice and Slow, 1976

Rien qu’avec le titre de son disque (Nice and Slow), Jesse Green en appelle aux plaisirs charnels. Comme si cela ne suffisait pas, le pianiste de jazz en rajoute une couche avec sa pochette aussi sensuelle qu’élégante. Descente de fermeture Éclair sur combinaison en velours bleuté, peau satinée révélée au grand jour… Vous connaissez la suite.

Supertramp, Indelibly Stamped, 1971

Seins nus, les bras croisés, Marion Hollier a été immortalisée par le groupe Supertramp, qui a choisi son buste pour illustrer l’album Indelibly Stamped, en 1971 – pour la petite histoire, il se raconte qu’elle aurait été payée 45 dollars pour ce job. Censurée à sa sortie, la pochette a été modifiée, des étoiles ayant été collées sur les tétons du modèle.

Les culs nus

Nicki Minaj, Anaconda, 2014

Juillet 2014, Nicki Minaj fait le buzz en affichant sans complexe ses formes pulpeuses, uniquement vêtue d’un string ficelle et d’une brassière roses. Rapidement censurée, la pochette de son single Anaconda – extrait de l’album The Pinkprint – continuera à faire parler d’elle à travers les nombreux détournements dont elle fit l’objet.

O’Donel Levy, Everything I Do Gonna Be Funky, 1974

Guitariste de funk jazz, O’Donel Levy dévoilait en 1974 son sixième album, Everyting I Do Gonna Be Funky, dévoilant, une fois de plus, le postérieur charnu d’une femme. Le marketing serait-il un prétexte au sexisme ?

Roger Waters, The Pros and Cons of Hitch Hiking, 1984

Illustration parfaite de l’esthétique eighties/nineties, le disque The Pros and Cons of Hitch Hiking de Roger Waters dévoile, avec ironie et second degré, comme son nom l’indique, les avantages et les inconvénients de l’auto-stop. Gerald Scarfe, qui signa quelque temps plus tard le visuel de l’album culte The Wall des Pink Floyd, mit en scène l’actrice de soft-porn Linzi Drew dans une démonstration glamour de naturisme urbain.

À deux c’est mieux

Cerrone, Cerrone’s Paradise, 1977

À en croire cet album, le paradis de Cerrone tient à peu de chose : un frigo bien rempli et une femme nue. Dans un décor épuré au charme kitsch, le plus moustachu des producteurs de musique disco fait un pied de nez aux États-Unis, qui avaient censuré le visuel de son précédent album (Love in C Minor), en posant en toute décontraction près de son modèle. Comme quoi, une pochette peut aussi faire passer (allègrement) un message…

Tom Waits, Small Change, 1976

Loin d’être un vague credo, le fameux triptyque "sex, drugs and rock’n’roll" s’est souvent manifesté sur les pochettes d’artistes de rock américains, comme Tom Waits. La photographie de son album Small Change, album paru en 1976, montre la star en train de prendre la pose dans la loge d’un cabaret au côté d’une femme dénudée. Quand le glamour rencontre la star désabusée, le résultat est détonnant.

UFO, Force it, 1975

Groupe de hard-rock des années soixante-dix, UFO a fait appel à l’éminent collectif britannique Hipgnosis, connu pour avoir conçu les pochettes d’albums des Pink Floyd, Led Zeppelin, AC/DC ou Black Sabbath, dans un style rétrofuturiste.

Dans une salle de bains envahie par les tuyauteries, un couple, de sexe inconnu, s’embrasse langoureusement, enlacé dans une baignoire. Pour votre information, l’abondance de robinets sur la photo ("faucets", en anglais) serait un petit clin d’œil au nom de l’album (Force it). Oui, c’est très subtil.

Ice-T, Gangsta Rap, 2006

Avant la tendance des sextapes, Ice-T dévoilait au monde entier sa vie intime par l’intermédiaire de la pochette de l’album Gangsta Rap. Par chance, sa femme, qui pose à ses côtés dans le lit conjugal, ne lui a pas tenu rigueur de ce visuel osé. Mariés depuis 2002, ils semblent partis pour profiter encore de longues grasses mat' ensemble…

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Par Julie Bluteau, publié le 08/08/2017

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