YouTube change ses règles de monétisation, les youtubeurs crient à la censure

Désormais, les vidéos des youtubeurs dont le contenu sera considéré comme inapproprié vis-à vis des annonceurs ne seront plus monétisables.

YouTube, c’est plus de 3 milliards de recherches par mois et 100 heures de vidéo uploadées toutes les minutes. Plus de recherches y sont faites que sur Bing!, Yahoo et AOL combinés.

Avec un trafic aussi important, il est inévitable qu’une part du contenu qui flotte dans sa nébuleuse puisse parfois offenser certains. La plateforme a donc décidé de mettre en place des nouvelles règles pour changer cela. Va-t-on dire adieu aux longues tirades insultantes d’un anonyme en manque d’attention ? Non, pas forcément.

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Cette nouvelle politique ne concerne en effet que les chaînes monétisées, autrement dit les chaînes populaires, celles qui génèrent des millions de vues et de revenus, autant pour les youtubeurs que pour le site. Pourquoi ? Parce que ces règles n’ont pas tant été créées pour protéger les utilisateurs sensibles que pour rassurer les annonceurs qui ne veulent pas que leurs produits soient associés à tel ou tel contenu.

(© YouTube)

Dans la partie "Programme partenaire" du site, les youtubeurs peuvent désormais lire une page intitulée "Consignes relatives aux contenus adaptés aux annonceurs".

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Star du Web aux États-Unis, le youtubeur Philip DeFranco, victime de cette nouvelle politique, a été l'un des premiers à tirer le signal d’alarme.

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Traduction : "On dirait que YouTube va me retirer la plupart de mes pubs à partir de maintenant. Tant pis. Je ne vais pas m’autocensurer.

Update : Au moins 12 de mes vidéos sont concernées et ce n’est que le début. Voilà sans doute pourquoi :

Les contenus considérés comme 'non adaptés aux annonceurs' incluent, entre autres :

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  • les contenus à caractère sexuel, y compris les scènes de nudité partielle ou d'humour à caractère sexuel ;
  • les contenus violents, y compris les images de blessures graves et d'événements liés à de l'extrémisme violent ;
  • les contenus comportant du langage inapproprié, y compris le harcèlement, le blasphème et le langage vulgaire ;
  • les contenus faisant la promotion de drogues et de substances contrôlées, y compris la vente, la consommation et l'abus de ce type de produits ;
  • les contenus traitant de sujets et d'événements controversés ou sensibles, tels qu'une guerre, un conflit politique, une catastrophe naturelle ou une tragédie, même si des images choquantes ne sont pas diffusées."

Le nouvelles règles de YouTube ont déjà provoqué beaucoup de réactions aux États-Unis, regroupées sous le hashtag #YouTubeIsOver (YouTube est fini). Après avoir découvert la formulation floue concernant les "événements controversés ou sensibles", beaucoup d'utilisateurs ont exprimé leur opposition à ce qui leur paraît être un durcissement du contrôle de la liberté d’expression digne du fameux roman dystopique de George Orwell, 1984.

Traduction : "YouTube n’est pas fini mais, bon sang, ça change pas mal de choses. C'en est bien fini, en revanche, pour des carrières potentielles, des modes de vie et la liberté d’expression."

Traduction : "Rien de nouveau sous le soleil. Les annonceurs ont toujours mis la pression aux médias pour supprimer les contenus controversés. La radio, la télé, les magazines, les journaux. Les annonceurs détestent la polémique parce que cela réduit leurs profits. C’est juste une version moderne d’une vieille histoire."

La plupart des utilisateurs de YouTube continuent de penser qu’Internet doit rester un espace ouvert et gratuit à tout prix, mais les gouvernements et les gros conglomérats du monde entier semblent avoir la main mise sur le Web, auquel ils imposent des règlements toujours plus restrictifs.

Le plus inquiétant est sans doute le fait que des nouvelles règles comme les "Consignes relatives aux contenus adaptés aux annonceurs" de YouTube sont présentées comme des mesures de sécurité pour les utilisateurs. En réalité elles installent un précédent qui pourrait mener à la fin de l'Internet tel qu’on le connaît. L’avenir nous le dira.

Traduit de l'anglais par Sophie Janinet

Par Evan Glazman, publié le 02/09/2016

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