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Les eurodéputés d’EELV posent sous la douche pour alerter sur le sort des migrants à Calais

Publié le

par Clothilde Bru

Dans une campagne lancée mardi 17 octobre sur les réseaux sociaux, les eurodéputés du groupe Europe Écologie-Les Verts (EELV) prennent la pose sous la douche pour alerter le gouvernement français sur les conditions de vie des migrants à Calais.

Des eurodéputés mouillent la chemise pour les migrants qui se trouvent à Calais. Les six députés membres du groupe Europe Écologie-Les Verts au Parlement européen ont pris la pose sous la douche pour réclamer la mise en place d’installations sanitaires. Dans ces photos diffusées sur Twitter on peut voir Eva Joly, José Bové ou encore Karima Delli un pommeau de douche dans une main, une pancarte dans l’autre afin d’interpeller le gouvernement français sur les conditions de vie : "plutôt que des douches au Parlement européen, j’en voudrais à Calais."

En légende de ces images, un tweet mettant directement en cause le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, et encourageant les internautes à reproduire ces clichés pour rendre la campagne virale. "Prenez une photo de votre #douche et partagez-la afin d’interpeller @gerardcollomb sur les conditions des #exilés à #Calais."

Le gouvernement français doublement mis en cause

Cette campagne de sensibilisation est une réponse directe au rapport publié lundi 16 octobre par des experts de l’ONU et qui épingle une nouvelle fois la France sur les conditions de vie à Calais. "La France doit fournir de l’eau potable et des services d’assainissement aux migrants de la 'jungle de Calais' : c’est l’ONU qui le dit !", peut-on lire sur le Twitter du groupe d’eurodéputés qui renvoie au rapport.

Fin juillet, estimant que les conditions de vie des migrants de Calais les exposaient "à des traitements inhumains ou dégradants", le Conseil d’État avait réaffirmé l’obligation de la France de leur fournir un accès à l’eau potable et à des services d’assainissement. Certains dispositifs sanitaires ont été mis en place mi-août dans la ville mais pas en nombre suffisant, selon le rapport. "Il est préoccupant qu’environ 700 migrants à Calais et ses environs comptent temporairement sur 10 toilettes portatives et 10 robinets seulement", affirme Léo Heller, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits à l’eau potable et à l’assainissement.

Parallèlement à ce rapport à charge, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu ses conclusions dans une somme intitulée "Santé des migrants et exigence éthique", rapporte L’Express. "Le respect des règles les plus élémentaires d’hygiène n’était pas suffisamment assuré", déplore cette enquête qui met en garde contre la situation des femmes et des mineurs isolés.

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb avait réagi lundi 16 octobre sur Twitter arguant que cet avis du CCNE ne tenait pas compte des dernières évolutions de la situation sur place : "cet avis, qui se fonde sur des constats de terrain datant de février 2017, ne tient pas compte des évolutions importantes survenues notamment dans les Hauts-de-France depuis cette date."

À lire -> À Calais, "les autorités empoisonnent l’eau des migrants" selon les ONG

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