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Le WWF liste les 25 firmes françaises qui abîment le plus la planète

Publié le

par Ariane Nicolas

Le WWF publie pour la première fois un rapport, fruit de cinq ans de travail, sur l'impact des entreprises françaises sur 16 matières premières dans le monde.

Palmeraie destinée à la production d'huile de palme. (© iStock / Getty)

Produire des biens tout en respectant l'écosystème, c'est possible. Mais malheureusement, ce n'est pas encore la norme. Pour alerter sur ce thème de l'économie durable, l'association WWF publie un rapport, mercredi 20 avril, sur les entreprises françaises qui détériorent le plus la planète du fait de leur activité. L'ONG rappelle en préambule que "l’homme consomme en 8 mois les ressources naturelles renouvelées par la Terre en une année", une statistique qu'il serait grand temps de changer.

16 matières premières étudiées

Le WWF s'est attaché à "35 écorégions prioritaires" (Amazonie, bassin du Congo, Bornéo et Sumatra...), c'est-à-dire celles dont les écosystèmes sont les plus menacés. "Cette liste est le résultat des travaux menés depuis 2010 à l’échelle internationale dans le cadre de l’initiative globale de transformation des marchés qui porte sur 16 matières premières", détaille le WWF dans son communiqué.

Résultat de cette enquête, la première du genre au sein de WWF : ce sont les groupes de la grande distribution qui sont les plus mauvais élèves. Carrefour arrive en tête, suivi d'Auchan, Casino, Leclerc, Les Mousquetaires et Système U.

On trouve aussi Danone, L'Oréal, Bolloré, Total, Eiffage, Bouygues ou encore Michelin, pour citer les firmes les plus connues. "Toutes ces entreprises ont un rôle prépondérant à jouer dans la transformation des marchés, quel que soit leur positionnement au sein de la chaîne d’approvisionnement", affirme le WWF.

Les 25 entreprises françaises qui détériorent le plus l'environnement, selon le WWF.

La liste des 16 ressources naturelles prises en compte est la suivante : soja, huile de palme, ressources halieutiques (saumon, thon, poisson blanc, crevette sauvage et crevette d’élevage, poisson fourrage), bois d’œuvre, pâte à papier, caoutchouc  naturel, produits laitiers, bœuf, canne à sucre, biomatériau et coton. "Cette  inventaire ne prend pas en compte l'impact sur le climat (secteur énergétique) ni sur les ressources en eau", précise le WWF. 

Des progrès significatifs

La publication de cette liste doit aider à sensibiliser l'opinion et inciter ces groupes à se tourner vers des producteurs certifiés, dont les méthodes de travail sont respectueuses de l'environnement. Le WWF, qui ne fait pas que décerner des mauvais points, estime que de plus en plus d'entreprises se tournent vers une production durable. Voici quelques exemples d'avancées, citées par le WWF :

  • En 2016, 21 % de la production mondiale d’huile de palme durable est certifiée durable.
  • La proportion de coton produit selon les normes du label "Better Cotton" a augmenté de plus de 200 % et représente 8,8 % de la production mondiale.
  • Les achats de soja certifiés RTRS ont augmenté de 46 % en 2015.
  • Près de 4 % des champs de canne à sucre dans le monde sont certifiés Bonsucro. Cela représente 3,5 % de la production mondiale de canne à sucre, soit 20 % de plus par rapport à 2014

D'ici 2020, l'association souhaite que "50 % des matières premières prioritaires impactant les écorégions du WWF soient produites selon des standards de soutenabilité indépendants et reconnus". Encore un petit effort !

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