AccueilÉDITO

Législatives : mauvais perdant, Henri Guaino fustige un électorat "à vomir"

Publié le

par Astrid Van Laer

L’ancienne plume de Nicolas Sarkozy se présentait à la députation dans la 2e circonscription de Paris. Largement battu, Henri Guaino s’est montré plus vexé que jamais sur BFM TV. Annonçant qu’il arrêtait la politique, il en a profité pour violemment tacler l’électorat qui n’a pas voulu de lui.

Lors des élections législatives, Henri Guaino présentait sa candidature sous l’étiquette "divers droite" dans la 2e circonscription de Paris. Arrivé dimanche 11 juin en quatrième position derrière Gilles Le Gendre (LREM), Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) et Jean-Pierre Lecoq (DVD), l’ancien conseiller du président Sarkozy s’est fait éliminer dès le premier tour. Il était invité sur le plateau de BFM TV pour commenter les résultats nationaux de ce premier tour de scrutin. Vexé comme un pou, il a annoncé qu’il arrêtait la politique, après plus de trente ans d’activité, nous offrant une sortie théâtrale qui restera dans les annales.

N’ayant pas été investi par le parti Les Républicains (LR), qui lui a préféré l’ancienne ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, Henri Guaino avait décidé de présenter une candidature dissidente, tout comme le maire LR du 6e arrondissement de Paris, Jean-Pierre Lecoq. N’ayant séduit que 4,5 % des électeurs, le député sortant a annoncé qu’il arrêtait la politique, estimant être "allé au bout du bout de [ses] engagements politiques" et avoir "épuisé le sujet", il s’est dit "enfin libre".

"À vomir, hein, vous m’entendez bien !"

Mais Henri Guaino ne s’est pas arrêté là. Contrairement à tous les candidats battus qui se sont efforcés de ravaler leur rancune et de mettre leur ego de côté devant les caméras, le candidat défait est sorti de ses gonds, lançant : "Fini l’hypocrisie." Et il n’y est pas allé de main morte, allant jusqu’à qualifier certains des électeurs de la 2e circonscription de Paris de "pétainistes" :

"L’électorat qui a voté dans la deuxième circonscription de Paris aujourd’hui, dans le 6e arrondissement, le 5e et une partie du 7e, est à mes yeux à vomir. À vomir, hein, vous m’entendez bien ! […]

Il y a les bobos d’un côté, qui sont dans l’entre-soi de leur égoïsme, et puis il y a cette espèce de bourgeoisie traditionnelle de droite, celle qui va à la messe, qui envoie ses enfants au catéchisme et puis après qui vote pour un type qui pendant trente ans s’est arrangé à tricher par tous les moyens."

Lorsque les journalistes en plateau lui demandent pourquoi il s’est présenté dans une circonscription dont il méprise les habitants, l’ancien député de Paris rétorque à deux reprises : "J’ai voulu aller jusqu’au bout, je suis allé au bout de ma démarche. […] Je me suis présenté pour aller au bout de ma démarche." Enfin, lorsqu’ils lui demandent s’il appellera à voter pour un ou une candidat.e en vue du second tour, sa réponse n’est pas étonnante : "Ah certainement pas, Madame."