Le tardigrade, l'animal qui pourrait renforcer l'ADN humain

Et si une protéine extraite sur un animal d'un demi-millimètre pouvait protéger l'homme contre les rayons X ?

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© Darron Birgenheier/CC

Avec ses allures de matelas gonflable, ses huit pattes et son espèce d'embout d'aspirateur sur la tête, le tardigrade ne fait pas rêver. Mais cette bestiole mesurant un demi-millimètre est l'animal le plus résistant au monde et semble quasiment indestructible. Une étude, publiée le 20 septembre dans la revue scientifique Nature Communications, laisse penser que les capacités exceptionnelles du tardigrade pourraient aider à protéger l'ADN de l'homme.

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La résistance du tardigrade tient d'une protéine qu'il est le seul à posséder et qui lui permet de se guérir lui-même. Qu'on le place dans un congélateur ou dans de l'eau bouillante, en altitude ou sous une très forte pression, il s'adapte. Le tardigrade serait même le seul animal à pouvoir survivre dans l'espace ! En somme, il peut vivre dans à peu près tout les milieux et résister à tous les changements. Par exemple, en situation de sécheresse, l'animal passe dans une sorte d'hibernation appelée cryptobiose. Il abaisse son activité vitale à 0,01 % et se contente pour vivre de seulement 1 % de l'eau dont il a besoin habituellement. Dans ce genre de cas de figure, son ADN se disloque, mais il reste en vie et, dès l'arrivée de meilleures conditions, la protéine identifiée par les chercheurs lui permet de se reconstruire et de ressortir indemne de toute épreuve.

"La protéine pourrait fonctionner comme un bouclier physique et protéger l’ADN humain contre les attaques", explique à l'AFP Takekazu Kunieda, l’un des auteurs de l’étude et professeur à l'université de Tokyo. Avec cette protéine, l'ADN humain serait deux fois moins affecté par des éléments extérieurs pouvant l'abimer, comme les rayons X. Si ces capacités incroyables pouvaient être transmises à l'homme, cela bouleverserait le monde de la science et le cours de l'existence humaine. Mais malgré l'avancée importante que représentent ces découvertes, cette transmission génétique est encore loin d'être concrétisée, comme le précise Takekazu Kunieda : "Je ne pense pas que cela arrive dans un avenir proche."

Par Salomé Vincendon, publié le 23/09/2016

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