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Bruno Le Maire "regrette" avoir déclaré que s’il connaissait un harceleur, il ne le dénoncerait pas

Publié le

par Astrid Van Laer

Lundi 16 octobre, Bruno Le Maire était l’invité de Jean-Michel Apathie sur France Info. À cette occasion, le ministre de l’Économie et des Finances a déclaré que s’il connaissait un harceleur, il ne le dénoncerait pas. Plus tard dans la matinée, il a déclaré regretter ses propos, assurant s’être "mal exprimé".

Le ministre de l’Économie et des Finances était l’invité du journaliste Jean-Michel Apathie dans la matinale de France Info lundi 16 octobre. Invité à réagir au sujet de #BalanceTon Porc, un hashtag apparu sur Twitter ce week-end pour inciter les femmes à prendre la parole au sujet du harcèlement sexuel, Bruno Le Maire a tenu des propos plus que maladroits.

À la question "connaissez-vous aujourd’hui un homme politique dont on dira dans dix ans : 'Nous savions qu’il était un harceleur' ?", Bruno Le Maire a répondu fermement "non". Pour justifier cela, le ministre a déclaré que c’était "compliqué" et que "la dénonciation n’a jamais fait et ne fera jamais partie de [son] identité politique", ajoutant que "de toute façon, [il] n’en [connaissait] pas".

Pour rappel, au-delà d’une question de "morale" quelconque, il s’agit en premier lieu d’une obligation légale puisque l’alinéa 2 de l’article 40 du Code pénal est très clair à ce sujet :

"Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs."

"Je me suis mal exprimé"

Plus tard dans la matinée, Bruno Le Maire a publié un message vidéo pour revenir sur ses propos. Le ministre a déclaré s’être "mal exprimé", assurant avoir réagi au mot "dénonciation" alors qu’il aurait dû réagir au sujet du "harcèlement sexuel lui-même". L’ancien député de l’Eure a rétropédalé et déclaré vouloir participer au combat contre le harcèlement sexuel :

"Il va de soi que si j’étais au courant de faits de harcèlement sexuel contre une femme, je serai le premier à les signaler. Nous ne pouvons plus longtemps tolérer ce silence. Il faut libérer la parole. […]

Un combat est ouvert aujourd’hui contre le harcèlement sexuel subi par les femmes en France. Ce combat, je suis prêt à y participer, pleinement, avec sincérité et avec cœur."

Image de couverture : Marco Ravagli/Barcroft Media via Getty Images

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