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Le Kentucky pourrait devenir le premier État américain sans aucun centre pratiquant l’IVG

La dernière clinique pratiquant l’avortement dans le Kentucky pourrait être fermée, enlevant à des milliers de femmes la possibilité d’avorter.

Le Kentucky est l’un des sept états américains n’ayant plus qu’une seule clinique pratiquant des avortements, avec le Dakota du Nord, le Dakota du Sud, le Missouri, le Mississippi, le Wyoming et la Virginie-Occidentale. Alors que selon le New York Times, le Kentucky comptait 17 structures pratiquant l’IVG en 1978, il lutte aujourd’hui pour conserver l’EMW Women’s Surgical Center de Louisville ouverte.

Un accès à l’avortement de plus en plus compliqué

Cela a d’abord été impulsé avec l’élection du gouverneur Matt Bevin en 2015, dont le programme était résolument anti-avortement. Puis l’élection de Donald Trump et l’arrivée au pouvoir des républicains à la Chambre des représentants du Kentucky, pour la première fois depuis 95 ans, ont signifié l’arrivée de mesures restreignant l’accès à l’avortement, dont les conditions se sont détériorées. L’avortement n’est plus possible passé le délai de vingt semaines, et les médecins doivent obligatoirement faire une échographie, la montrer à la patiente et la lui décrire — même si elle ne le souhaite pas. Il a par ailleurs été interdit à un nouveau Planning familial de pratiquer des avortements, les limitant à la seule clinique de Louisville.

Une situation déjà critique, donc, d’autant plus que toujours d’après le New York Times, la loi en vigueur dans l’État demande que les femmes attendent 48 heures entre la consultation et l’avortement. Elles doivent par conséquent effectuer deux trajets, une contrainte de taille pour les plus éloignées géographiquement. Surtout que dans les zones rurales pauvres du Kentucky, beaucoup ne peuvent déjà pas payer l’avortement, sans compter les trajets. Leurs options sont donc de plus en plus limitées au fur et à mesure que les restrictions sur l’avortement se multiplient dans les États voisins.

Une dernière clinique sérieusement menacée

Le Kentucky a voulu fermer la clinique de Louisville mi-mars 2017, sous le prétexte qu’elle n’avait pas suffisamment d’accords de transferts avec des hôpitaux et services ambulatoires en cas d’urgence médicale. L’accord qui fait défaut est avec l’hôpital le plus proche, qui refuse de le renouveler pour des motifs religieux — une organisation catholique de soins médicaux en étant partiellement propriétaire. Le 31 mars, un juge a délivré une ordonnance restrictive temporaire maintenant la clinique ouverte, jusqu’au procès qui se tiendra en septembre.

D’ici là, les femmes se rendant à la clinique doivent affronter des manifestants anti-avortements qui les apostrophent et les culpabilisent, tout en diffusant des messages religieux avec leurs mégaphones. Des volontaires gardent donc l’entrée de la clinique, et se placent aux coins de la rue pour escorter les patientes jusqu’à l’intérieur. Le docteur Marshall, qui a fondé la clinique en 1981, a expliqué au New York Times qu’ils étaient "sous assaut". Si la clinique venait à fermer, "il y aurait une interdiction efficace de l’avortement" pour l’avocate défendant l’EMW, un fardeau "extrême" pour les femmes du Kentucky.

Par Mélissa Perraudeau, publié le 03/05/2017