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Le Japon a enfin durci sa loi de 1907 sur le viol

Le Japon a modifié sa législation sur le viol, vieille de plus d’un siècle. La définition du viol va être élargie, et ses peines alourdies.

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© Pixabay/CC

Le vendredi 16 juin, le Parlement japonais a enfin réformé la loi sur les délits sexuels, qui était restée la même depuis cent dix ans. Elle prendra effet dès le mois prochain. Au lieu de trois ans de prison, les agresseurs en encourront cinq. La définition d’un viol ne sera plus uniquement celle d’une pénétration vaginale non consentie par un pénis, mais inclura d’autres formes d’agressions sexuelles, ce qui fait notamment que les hommes pourront également porter plainte en tant que victimes.

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La pédophilie sera en outre condamnable, et pas seulement en cas de menace ou de violence physique, comme c’était le cas depuis 1907. Enfin, les autorités pourront lancer les enquêtes, sans dépôt de plainte au préalable. Une nouveauté primordiale, puisque selon une étude du ministère de la Justice japonais, 75 % des victimes d’agression sexuelle ne porteraient pas plainte.

Une justice qui était jugée "inégalitaire"

Les nouveaux amendements ont donc été salués par beaucoup de Japonais et Japonaises. Europe 1 rapporte qu’une victime d’inceste, Jun Yamamoto, a déclaré devant une commission parlementaire :

"J’espère que la révision de cette loi va conduire à une punition plus appropriée des agresseurs et à une meilleure prise de conscience de la réalité de la criminalité sexuelle."

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Car le pays voit de nombreux débats sur le viol faire rage sur les réseaux sociaux. Selon Courrier International, un dossier de l’hebdomadaire Shukan Shincho, publié fin mai, sur une plainte de viol qui aurait été étouffée a eu un effet boule de neige sur Twitter et Facebook. La victime présumée est une journaliste indépendante de 28 ans, qui aurait été droguée puis violée en avril 2015 par un journaliste politique de renom de 51 ans, et proche du Premier ministre.

Il lui aurait fait miroiter un recrutement dans une chaîne de télévision privée pour l’attirer. Lorsque la victime a voulu porter plainte, elle a dû affronter les réticences de la police, qui a essayé de l’en dissuader. Malgré une enquête fructueuse rassemblant de nombreuses preuves, le mandat d’arrêt émis aurait ensuite été annulé. La publication de l’hebdomadaire a été suivie d’une conférence de presse de la jeune journaliste, qui est apparue à visage découvert et sous son véritable prénom, Shiori. Une démarche très rare dans le pays. La victime présumée a ainsi voulu briser la culture du silence :

"J’ai décidé de me montrer et d’élever la voix pour affirmer qu’il n’est pas normal qu’une victime doive se cacher comme une criminelle. Je veux sensibiliser et dénoncer cette justice inégalitaire."

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Elle s’est déclarée "très heureuse" des changements apportés à la législation, même si elle ne les considère que comme une "petite avancée".

Par Mélissa Perraudeau, publié le 22/06/2017

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