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Le Grand Journal (déjà) en chute libre

Publié le

par Rachid Majdoub

Depuis sa rentrée le 7 septembre dernier avec une nouvelle formule, l'émission de Maïtena Biraben enregistre des audiences médiocres, et en constante chute libre. Alors, Le Grand Journal, déjà la fin ?

Pas pour le moment, bien entendu. On ne peut pas tirer de telles conclusions si tôt. Mais si les courbes ne s'inversent pas rapidement, l'émission phare de Canal + risque de vivre une saison compliquée. Et là, en plus d'être posée, la question aura sa réponse.

Voilà donc une semaine que Le Grand Journal a fait sa rentrée avec une toute nouvelle formule. Maïtena Biraben aux commandes d'un navire "restauré" par le nouveau directeur des programmes de Canal, Vincent Bolloré ; Cyrille Eldin en reporter politique aux côtés d'une journaliste-présentatrice qu'il connaît bien ; un JT intégré de Victor Robert difficile à digérer avant le dîner... Et une mayonnaise qui peine à prendre.

Depuis sa reprise le lundi 7 septembre 2015, l'émission ne cesse de voir son audience reculer jour après jour. 611 000 : c'est le nombre de téléspectateurs qu'elle a rassemblés ce jeudi 10 septembre (soit 3,6 % de part d'audience), alors qu'elle en enregistrait (seulement) 915 000 le jour de son retour avec Manuel Valls comme invité, puis 769 000 le lendemain et 736 000 mercredi.

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À titre de comparaison : niveau lancement, le programme en clair d'access prime time de la chaîne cryptée, désormais diffusé de 18h50 à 20h10, réussit (beaucoup) moins bien que lors des ères Michel Denisot (2004-2013) et Antoine de Caunes (2013-2015). LGJ version de Caunes, décrié et dont on avait prédit la fin, réunissait 1,1 million de téléspectateurs pour sa rentrée 2014, et près de 2 millions en 2013.

Surclassé par les Ch'tis vs les Marseillais

Le (nouveau) Grand Journal enregistre donc des scores en chute libre. Et comme tout le monde le sait : le plus important, ce n'est pas la chute, mais l'atterrissage. Un atterrissage qui risque d'être violent si l'émission n'inverse pas une tendance qui, cette semaine, a voulu qu'elle soit devancée par plusieurs de ses chaînes concurrentes.

Jeudi 10 septembre, le débat quotidien C à vous sur France 5 surclassait Le Grand Journal avec quelque 133 000 téléspectateurs en plus. Au même titre que Touche pas à mon poste sur D8 ou Secret Story sur NT1. Pire encore, la grand-messe de Canal a fait moins bien ce jour-là que les pauvres Ch'tis vs les Marseillais de W9.

Une grand-messe... qui à ce rythme aura moins de fidèles que la messe du dimanche sur France 2. Non, quand même pas.

Les raisons de cet échec ne sont pas à chercher très loin. Tout d'abord, l'erreur de Bolloré d'avoir supprimé un rendez-vous quotidien incontournable : Les Guignols de l'info, programme aspirateur à fidèles anciennement visionné en moyenne par 1,8 million de personnes, qui vise désormais plus Kim Kardashian que la politique selon BuzzFeed.

L'esprit Canal se meurt à petit feu

Autre inconvénient : la surdose d'information anxiogène à l'heure où le téléspectateur préfère un programme s'apparentant davantage au Petit Journal de Yann Barthès – 1,22 million de téléspectateurs ce mercredi 9 septembre pour 5,2% de part d'audience. Il ne faut cependant pas jeter la pierre à la solide Maïtena Biraben, respectée pour son travail avec son émission Le Supplément, comme cela était le cas avec Antoine de Caunes.

Après le constat, le questionnement : l'infotainment – soit le mélange d'information et divertissement – a-t-il toujours sa place à la télévision dans le cadre d'une émission aussi grand public que Le Grand Journal ? Comment passer des migrants à Louane sur une une plage horaire aussi restreinte tout en voulant intéresser tout le monde ? Rassembler le plus d'audience, c'est ambitieux, mais au risque de ne plus intéresser grand-monde ? L'esprit Canal se serait-il dilué à partir de 18h50, à mi-chemin entre sérieux et divertissement ? Le Grand Journal, vous avez quelques semaines pour répondre à ces interrogations, avant qu'il ne soit trop tard.

Laissons tout de même à l'émission et à l'équipe de Maïtena Biraben prendre leurs marques, avant de tirer un premier vrai bilan à la mi-saison. Le Grand Journal est en rodage, plus proche du point mort que du démarrage. Et, comme lors d'un cours de conduite, caler pour mieux avancer, c'est pardonné. Mais pas indéfiniment.

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