AccueilÉDITO

Le gouvernement veut bannir les objets promouvant "l'image festive de l'ivresse"

Publié le

par Théo Chapuis

Le gouvernement propose un décret visant à interdire la distribution d'objets publicitaires faisant la promotion de la consommation excessive d'alcool.

T-shirts à message "humoristique", décapsuleurs ornés de marques de bière, jeux à boire et autres produits dérivés incitant à la consommation d'alcool pourraient être prochainement interdits aux mineurs en France. La France a notifié à la Commission européenne un projet de décret qui vise à empêcher la vente aux jeunes "des jeux, vêtements, accessoires de mode, éléments décoratifs, ustensiles ou accessoires pour équipements électroniques ou tout autre objet dont le graphisme, la présentation, le visuel, le nom, le logo, la dénomination ou le slogan incitent directement à la consommation excessive d’alcool".

D'après le texte, il s'agit là de limiter l'exposition à "l’image positive, drôle ou ludique de l’ivresse auquel un objet peut directement contribuer".

"Combattre l'image festive et conviviale de l'ivresse"

"L'objectif est de combattre l'image festive et conviviale de l'ivresse, de protéger la jeunesse des incitations extérieures et de favoriser l'instauration d'une culture de la prudence au sein de cette population vulnérable", indique le ministère des Affaires sociales et de la Santé au Figaro.

Ce projet de décret est motivé par l'augmentation de la consommation d'alcool excessive d’alcool par les mineurs : d'après l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), 28 % des individus de 17 ans déclaraient avoir été ivres au moins 3 fois dans l’année en 2011, contre 26 % en 2008. Et 10,5 % des jeunes de cet âge sont des consommateurs réguliers d'alcool.

Le ministère rappelle que la consommation excessive d'alcool entraîne des "méfaits [...] d'un point de vue sanitaire et social", à court terme (coma éthylique, comportement dangereux...) comme à long terme (cancers, dépendance...).

La législation déjà en vigueur pour incitation au "binge drinking" prévoit de punir les contrevenants d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. C'est ce qu'encourront les marques tentées de contourner ce décret s'il est validé par les États membres de l'Union européenne – avant d'être applicable d'ici trois à six mois.

À voir aussi sur konbini :