Le gouvernement italien met la pression aux femmes pour qu'elles fassent des enfants

Dans le cadre de la Journée de la fertilité prévue le 22 septembre prochain, le gouvernement italien lance une campagne de publicité pour lutter contre la baisse de la natalité.

"La beauté n'a pas d'âge, la fertilité si", lit-on sur cette affiche. (© Salute.gov.it)

"La beauté n'a pas d'âge, la fertilité si", lit-on sur cette affiche. (© Salute.gov.it)

Les enfants sont des cadeaux de la vie, dit-on. Breaking news : pas pour tout le monde ! Bien que la procréation soit considérée selon une certaine norme sociale comme le plus important – ou le seul – accomplissement de la vie d'une femme, aujourd'hui, dans les pays occidentaux, les femmes ont la chance de pouvoir faire ce qu'elles souhaitent de leur corps (bien que ce droit soit encore fragile). Mais malgré cette liberté de choisir de porter ou non des enfants, d'aucuns continuent de les presser de mettre au monde des bébés.

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Comme le gouvernement italien, par exemple, qui vient tout juste de lancer sa campagne de pub visant à faire reculer la dénatalité, au plus fort dans le pays en 2015. D'après le site d'info indépendant italien Linkiesta, la moyenne nationale est de 1,3 enfant par femme.

Ces chiffres inquiètent l'État. Soit. Pour autant, les publicités diffusées assènent une pression supplémentaire à la gent féminine à qui on veut faire croire que la maternité est un objectif pour toutes les femmes.

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La campagne a été pensée avec la mise en place de la Journée de la fertilité qui se déroulera le 22 septembre prochain. Parmi les affiches présentées par la ministre de la Santé, Beatrice Lorenzin, on voit une femme avec un sablier, la main posée sur le ventre, avec la légende suivante : "La beauté n'a pas d'âge, la fertilité si." Ou encore cet autre visuel sur lequel on peut lire "Secoue-toi, n’attends pas la cigogne." Des messages qui sonnent comme des alertes rouges pour celles qui ont décidé de ne pas procréer.

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Toutes les femmes ne sont pas des mères en devenir

Sur Internet, les réactions ne se sont pas fait attendre, loin de là. Courrier international souligne d'ailleurs que le hashtag #fertilityday s'est placé en première position dans les tendances sur Twitter, ce 1er septembre. L'écrivaine italienne, Michela Murgia, engagée en politique, a d'ailleurs commenté l'action de communication du gouvernement avec ironie, rapporte toujours Courrier international :

"Je n’avais pas l’intention de procréer, mais la campagne #fertilityday m’a convaincue." 

Les femmes sont jugées pour tout. Et leur vision de la vie active ou de la famille fait partie des débats auxquels elles sont constamment confrontées. Une femme qui ne veut pas être maman est quelqu'un d'égoïste, une femme qui passe un entretien d'embauche devra répondre à la question "voulez-vous des enfants ?"... On résume la femme au statut de mère. Être maman est perçu comme le seul moyen de s'épanouir pour une femme, alors qu'un homme sans enfants n'aura jamais à souffrir d'une quelconque remarque à ce sujet.

Si elles restent silencieuses encore aujourd'hui de peur de subir une leçon de morale, les mères qui regrettent la maternité existent. Leurs déclarations ne remettent jamais en cause l'amour qu'elles portent à leur progéniture. Il faut juste cesser de croire que toutes les femmes sont nées pour être maman, sous prétexte qu'elles peuvent tomber enceinte.

Par Juliette Geenens, publié le 01/09/2016

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