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L’association L214 devant la justice pour avoir caché ses caméras dans un abattoir

Publié le

par Jeanne Pouget

Une manifestation L214 à Paris réclamant la fermeture des abattoirs (©Nastasia Froloff/ L214 – Facebook)

Deux militants de l’association de défense animale L214 sont jugés ce lundi 4 septembre pour s’être introduits illégalement dans l’abattoir porcin de Houdan, en région parisienne.

Une manifestation de l’association L214 à Paris, réclamant la fermeture des abattoirs. (© Nastasia Froloff/L214 - Facebook)

Pour la première fois, L214 est inquiétée par la justice. En décembre 2016, deux militants, dont Sébastien Arsac, le cofondateur de l’association, s’introduisaient dans l’abattoir porcin de Houdan, en région parisienne, pour y placer des caméras.

Comme à son habitude, L214 dénonce la violence envers les animaux en diffusant des images chocs tournées en caméras cachées dans les abattoirs de l’hexagone : ici, elle souhaitait révéler la méthode de gazage des porcs dans le dernier abattoir porcin d’Île-de-France.

Mais cette fois-ci, deux militants ont été interpellés lorsqu’ils sont revenus chercher leur matériel. Ils comparaissent donc ce lundi 4 septembre devant le tribunal de Versailles pour "violation de domicile" et "tentative d’atteinte à la vie privée d’autrui".

Espionnage illégal contre droit à l’information

Pour leurs avocates, les deux activistes ne peuvent pas être poursuivis pour ces raisons, puisqu’un abattoir n’est ni une personne physique ni une personne morale. Sébastien Arsac se défend dans des propos rapportés par Europe 1 :

"Ce ne sont pas des caméras installées dans les toilettes de l’abattoir ou dans le bureau du directeur. Elles sont installées dans la nacelle où sont gavés les cochons, dans une passerelle avant d’être étourdis, ce sont des endroits clés par rapport à la question du bien être animal."

Devenue la bête noire des abattoirs, l’association se veut sereine face au procès qui lui est intenté. Si les responsables d’abattoirs s’agacent de leurs méthodes d’infiltration notoires, eux l’assument pleinement et revendiquant leur droit à informer le public.

"À plusieurs moments dans l’histoire, il y a eu des militants qui ont mené des actions de désobéissance civile pour apporter des informations intéressantes pour l’intérêt général", ajoute Sébastien Arsac.

L’histoire ne lui donne pas tord, puisque à la suite des images tournées à Houdan et d’une plainte déposée par L214, une enquête pour maltraitance a été ouverte contre l’établissement. Quant aux deux militants, ils risquent un an de prison et 45 000 euros d’amende.

À lire -> Entretien avec les fondateurs de L214, l’asso qui infiltre les abattoirs

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