L'Assemblée nationale propose de mettre les abattoirs sous vidéosurveillance

L'Assemblée nationale a rendu ce mardi 20 septembre ses conclusions après plusieurs mois d'enquête, ponctués par plusieurs scandales, sur les conditions d'abattage des animaux.

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Agneaux de la chaîne d'abattage de Mauléon, dans les Pyrénées-Atlantique. (© L214 /Éthique & animaux)

Depuis le 22 mars, une commission d'enquête de l'Assemblée nationale a été créée pour étudier les "conditions d'abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français", elle a rendu ses conclusions ce mardi 20 septembre. On vous avait parlé des chevaux, cochons et bovins maltraités et mal endormis dans les abattoirs de Pézenas (Hérault) et du Mercantour (Alpes-Maritimes), ou des agneaux violentés des abattoirs d’Alès et du Vigan (Gard). Ces cas particuliers ne sont pas isolés, et régulièrement, des associations, notamment l’organisation de défense des animaux L214, s'infiltrent dans des abattoirs pour y filmer des conditions de mise à mort atroces.

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Dans le rapport parlementaire, que Le Monde a pu lire, les députés ont énoncé 65 propositions pour améliorer le bien-être des bêtes amenées dans les abattoirs, mais aussi celui des salariés qui y travaillent. L'une des mesures phares est de placer ces établissements sous contrôle vidéo. Un moyen de remplacer les caméras cachées des associations par une surveillance officielle. La zone d'abattage, celle du déchargement des bêtes et celle de stabulation (là où les animaux attendent avant d'être tués), sont les étapes qui seraient mises sous vidéosurveillance. Les députés soulignent cependant que la proposition doit être bien encadrée pour éviter que ces caméras ne deviennent un "un outil de surveillance des salariés".

Douleur, détresse et souffrance évitable

Le rapport met également en avant le manque de "contrôles des abattoirs et de transparence", ainsi que le nombre insuffisant d'agents de la Direction générale de l'alimentation, chargés d'effectuer des inspections. En plus de la vidéo, il faudrait selon les conclusions des députés publiées par Le Monde : moderniser le matériel, revoir la formation des salariés sur le sujet de la cause animale et pourquoi pas créer un conseil national d'éthique des abattoirs. Les députés recommandent également que chaque abattoir comprenne au moins 50 salariés, dont un agent vétérinaire aux postes à risques : l'étourdissement et la mise à mort. Olivier Falorni, député de Charente-Maritime (RRDP) et président de la commission, voudrait même aller plus loin et propose d'ajouter à la Constitution une charte des droits des animaux. Il explique que l'objectif des députés est de "faire la lumière sur les boîtes noires que constituent les 941 abattoirs de boucherie et de volaille français, en étant les plus exhaustifs, rigoureux et objectifs possible". 

La commission pourrait aussi proposer l'utilisation d'abattoirs mobiles qui se rendraient dans les fermes. Cette pratique est actuellement interdite en France mais existe dans d'autres pays européens. Cela permettrait d'éviter aux animaux des phases éprouvantes de transport et de stockage dans des lieux inconnus.

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En parallèle de cette commission, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll avait lancé en avril des inspections dans toute la France pour vérifier "que toute douleur, détresse ou souffrance évitable pendant la mise à mort était bien épargnée aux animaux". Sur les 259 établissements examinés, 26 % ont été évalués comme étant de "non conformité moyenne" et 5 % de "non conformité majeure". Il ressort de cette inspection nationale que l'efficacité des appareils utilisés pour l'étourdissement n'a pas toujours été constatée et dans 5 % des établissements contrôlés "les non-conformités les plus graves ont […] donné lieu à des suites immédiates pouvant aller jusqu'à l'arrêt de l'activité".

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© Ministère de l'Agriculture

Par Salomé Vincendon, publié le 20/09/2016

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