Le Parti animaliste fait son entrée sur la scène politique française

Depuis le 14 novembre, les animaux ont un parti politique pour défendre leurs intérêts. Et un candidat pour 2017 ? 

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© Pacto Visual/Unsplash

Le Parti animaliste a été créé pour donner une visibilité à la cause animale. D'après ses fondateurs, il fallait "faire émerger la question animale en politique", pour que les intérêts des animaux soient pris en compte. Ils sont sept – militants associatifs, politiques ou avocats – et ils ont décidé de devenir les porte-parole des animaux sauvages et domestiques en France.

Programme et attentes

Ce mouvement "reconnaît et accorde une place centrale à la question animale dans la société", expliquait lundi 14 novembre Isabelle Dudouet-Bercegeay, l'une des cofondatrices, en conférence de presse. L'idée est de trouver un électorat sensible à ce combat et d'incarner les préoccupations liées à la cause animale. Pour ensuite réussir à faire pression sur les autres candidats à la présidentielle et aux élections législatives.

Le postulat qui fonde le parti, énoncé dans sa charte des valeurs, est celui-ci : "Les animaux sont des êtres sensibles, conscients et doués d’une volonté et d’intérêts propres. Tout être sensible est un individu possédant une valeur intrinsèque." Le parti animaliste souhaite notamment mettre en place un ministère de la Protection animale. Concernant les mesures que le parti compte porter, on trouve en priorité l'interdiction de la mise à mort d'un animal sans insensibilisation préalable, des mutilations pratiquées en élevage et du gavage.

"Nous voulons par exemple adosser à la Constitution une charte de la protection animale et abolir la corrida et les combats de coqs ", explique Hélène Thouy, la porte-parole du parti. Elle est également l'avocate de l’association L214, qui dénonce régulièrement les maltraitances animales qui ont lieu dans les abattoirs en France.

Parmi les mesures qui peuvent paraître surprenantes, le parti animaliste souhaite "inciter les municipalités à mettre en place des espaces de vie pour les chats libres", "interdire l’épédonculation des crevettes" ou encore "attribuer une personnalité juridique aux grands singes".

Une cause de plus en plus soutenue

Début novembre, l'association L214 avait diffusé des images horrifiantes de l'abattoir de Limoges. On pouvait voir des ouvriers sortir des fœtus, dont certains partiellement formés, de l'utérus de vaches gestantes. Les foetus étaient ensuite jetés à la poubelle. C'est la septième vidéo diffusée par l'association, et ces images ont, une fois encore, fait beaucoup de bruit.

Selon une enquête Eurobaromètre conduite en 2016, 88 % des Français estiment que le bien-être des animaux d'élevage en France devrait être mieux protégé. Le végétariens représentent 2 à 3 % des Français mais 10 % d'entre eux envisageraient de le devenir, selon un sondage Opinion Wayr éalisé en janvier pour Terraeco.

Même Marine Le Pen s'est mise subitement à parler de défense des animaux... En octobre dernier, la candidate Front national à la présidentielle a promis, si elle est élue, de prendre des mesures sur les abattoirs et l'expérimentation animale.

La France a l'air d'être sacrément en retard sur la défense de la cause animale. Ailleurs en Europe, des partis animalistes existent depuis longtemps. Au Pays-Bas se créait déjà en 2003 un parti animaliste. En Espagne, le Parti animaliste contre la maltraitance animale, également créé en 2003, a réuni 1,19 % des suffrages aux législatives de juin !

Le Parti animaliste admet ne pas vouloir présenter de candidat à la présidentielle. Mais les fondateurs comptent bien avoir des candidats pour les législatives. En effet, l'objectif est avant tout de sensibiliser les électeurs à la cause pour pouvoir ensuite faire pression sur les autres candidats.

À lire -> L’animalisme : le mouvement qui repense notre rapport aux animaux

Par Clotilde Alfsen, publié le 16/11/2016