La une de la discorde. (Crédits image : 20 Minutes)

12 Years a Slave : la une polémique de "20 Minutes"

20 Minutes a surpris en titrant "un film coup de fouet" à propos du dernier film de Steve McQueen, 12 Years As A Slave. Début de polémique sur les réseaux sociaux.

"Un film coup de fouet". Voilà le titre qui ornait la une du journal gratuit 20 Minutes le mercredi 22 janvier consacré au dernier film de Steve McQueen, 12 Years As A Slave. Le film traitant d'esclavage, la rédaction de 20 Minutes a cru trouver là un jeu de mots efficace pour en parler. C'était sans compter l'indignation qu'elle a provoquée... par la suite.

La une de la discorde. (Crédits image : 20 Minutes)

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Selon Le Courrier de l'Atlas, dans un article daté du lendemain, la grogne a démarré sur les réseaux sociaux. Elle a vite été reprise et fustigée par d'autres blogs et médias ou encore dans une pétition sur change.org qui demande simplement "Du Respect [sic] pour les 11 millions d'esclaves victimes de la traite transatlantique".

C'est visiblement Le Courrier de l'Atlas qui a été le média francophone le plus touché par cette une. Interrogé par le journal, Étienne Allais, directeur général de SOS Racisme, avoue qu'il"n'avai[t] pas vu la une. Pour moi, elle émane d’un mauvais jeu de mot. Effectivement, c’est choquant, "coup de fouet", c’est une expression qui banalise la mémoire (...). Cette une est surtout l’expression de préjugés mal venus", témoigne-t-il, estimant par ailleurs que si "elle choque tant, c’est qu’elle témoigne d’un manque d’enseignement et de travail sur les mémoires".

"Quiproquo"

Le Courrier de l'Atlas, qui se présente comme le "journal du Maghreb en Europe", a joint la rédaction de 20 Minutes par téléphone. Selon l'auteur de l'article, elle parle d'un "quiproquo" et n'avoir "en aucun cas" l'intention de "blesser [ses] lecteurs". Le journal poursuit son explication : "12 Years a Slave est notre coup de coeur et ce titre, mal interprété, se voulait fort pour montrer à quel point, le film nous avait profondément touchés".

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Nos confrères de Bigbrowser citent quant à eux une prétendue réponse d'Acacio Pereira, directeur de la rédaction de 20 Minutes, qui aurait répondu à une lectrice du site Negronews :

Ce titre fait aussi allusion à l’expression anglaise « backlash » (coup de fouet en retour, réaction), tant le réalisateur Steve McQueen secoue les consciences et restitue la mémoire de l’esclavage de manière magistrale. Contrairement à ce que certains ont pu penser ou dire, à aucun moment nous n’avons cherché à « faire rire » avec le sujet de l’esclavage.

Vraie ou fausse, cette réponse a de vrai que 20 Minutes a changé son titre sur son édition numérique. Le papier au titre maudit a été renommé "le grand film sur l'esclavage". Preuve, en tout cas, que question humour, 20 Minutes s'est planté.

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Par Théo Chapuis, publié le 24/01/2014

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