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Selon l'ONU, le monde connaît sa "pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale"

Publié le

par Cyrielle Bedu

Source © Samenwerkende Hulporganisaties / Flickr

Le Yémen, le Nigeria, la Somalie et le Soudan du Sud sont particulièrement menacés par des phénomènes de malnutrition et de famine.

(© Samenwerkende Hulporganisaties/Flickr/CC)

Vingt millions. C'est le nombre de personnes qui risquent de connaître la famine et la malnutrition au Yémen, en Somalie, au Soudan du Sud et au Nigeria si une aide d'urgence ne leur est pas rapidement fournie. C'est en tout cas le constat accablant qu'a fait vendredi 10 mars le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations unies Stephen O'Brien, devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

En Somalie, le risque de famine est le résultat de la sécheresse, mais pour les trois autres pays, cette crise a été "causée par l'homme" puisqu'elle est due à des conflits armés. Selon Stephen O'Brien, qui s'est récemment rendu dans trois de ces pays, "le Yémen connaît déjà à lui seul la plus grande crise humanitaire du monde. [...] Aujourd'hui, deux tiers de la population du pays, soit 18,8 millions de personnes, ont besoin d'aide. Plus de 7 millions d'entre eux ont faim, et ne savent pas où ils trouveront leur prochain repas. C'est 3 millions de plus qu'en janvier dernier. [...] Tellement de vies dépendent de nous. Toute l'humanité est concernée". 

Stephen O'Brien réclame donc 4,4 milliards de dollars (4,12 milliards d'euros) à la communauté internationale d'ici juillet prochain pour "éviter une catastrophe". Selon l'Unicef, près de 1,4 million d'enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère sont en danger de mort dans ces pays.

Des crises humanitaires causées par l'Homme

Le Soudan du Sud est actuellement le seul pays où l'état de famine a déjà été déclaré. Plusieurs de ses régions sont concernées, en raison de la guerre qui ravage le pays depuis plus de trois ans : "7,5 millions de personnes ont besoin d'aide au Soudan du Sud, c'est 1,4 million de plus que l'an dernier, alerte Stephen O'Brien. "En tout, près 3,4 millions de Sud-Soudanais sont aujourd'hui des réfugiés ou des déplacés."

Dans le Nord du Nigéria, c'est le groupe islamiste Boko Haram qui sévit, créant ainsi la plus grave crise humanitaire du continent africain, selon l'ONU. "L’urgence absolue, c’est la nourriture. L’aide apportée jusqu’ici est totalement insuffisante et elle n’a pas été coordonnée", constatait déjà en novembre dernier la coordinatrice d'urgence de Médecins sans frontières, Natalie Roberts à France 24. "Ce qui nous inquiète aussi beaucoup, c’est que le gouvernement encourage les réfugiés à rentrer chez eux. Mais c’est beaucoup trop dangereux, la situation n’est pas du tout stabilisée. Nous aurons encore plus de difficultés à leur venir en aide", poursuit-elle.

Toujours selon France 24, en plus de subir régulièrement les pillages de leurs récoltes par le groupe terroriste, les habitants de cette partie du Nigeria connaissent aussi la destruction de leurs terres, quand elles ne sont pas parsemées de mines antipersonnel. En raison des pénuries, les prix de la nourriture ne cessent d’augmenter, rendant la situation ingérable pour la population.

Le Yémen, touché par la famine dans l'année

Le Yémen risque quant à lui de connaître une situation de famine d'ici la fin de l'année, en raison d'un conflit qui déchire le pays depuis près de deux ans. Depuis mars 2015 en effet, une coalition internationale menée par l’Arabie saoudite a lancé des bombardements pour repousser les rebelles houthistes (chiites) soutenus par l’Iran, qui ont pris le contrôle de la capitale Sanaa et d'autres parties du pays.

Selon l'AFP, la crise politique a empêché de nombreux Yéménites de recevoir leur salaire, ce qui ne leur a pas permis d'acheter de la nourriture. Le Yémen est de plus un pays presque entièrement dépendant des importations, dont une grosse partie arrive par le port de Hodeida. Sauf qui celui-ci a été bombardé par la coalition menée par l'Arabie saoudite en 2015... En octobre dernier, la photo de la Yéménite de 18 ans Saïda Ahmad Baghili, était publiée en une du quotidien britannique The Times, mettant ainsi la lumière sur l'alarmante situation que connaît actuellement le peuple yéménite.

Stephen O'Brien a annoncé qu'une conférence serait organisée le 25 avril à Genève, pour amasser des fonds.

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