Fashion week de Londres en 2012 ©Farrukh/Flickr/CC

La loi contre l’extrême maigreur des mannequins entre en vigueur

Deux textes sont entrés en vigueur ce vendredi 5 mai, le premier concerne la mention "photographie retouchée" sur celles qui seraient passées par Photoshop, le second oblige les agences à demander un certificat médical à leurs mannequins afin de lutter contre l’extrême maigreur. 

Fashion week de Londres en 2012 ©Farrukh/Flickr/CC

Fashion Week de Londres en 2012. © Farrukh/Flickr/CC

À deux jours du second tour de l’élection présidentielle, un arrêté et un décret concernant les deux "amendements mannequins" à la loi santé entrent en vigueur, après la promulgation du texte en janvier 2016.

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La mention "photographie retouchée" devra obligatoirement être inscrite sur toute image de mannequin dont la silhouette aura été affinée ou épaissie, sous peine d’une amende de 37 500 euros. Ce premier texte entrera en vigueur le 1er octobre prochain. Il concerne les images de publicités diffusées dans la presse et en ligne, mais ne s’applique en revanche pas aux contenus éditoriaux des publications de presse. Concrètement, une agence ne pourra pas publier une photo dans la presse sans la mention, mais la photo d’un journaliste pourra être vierge de tout commentaire même s’il a passé des heures sur Photoshop.

À lire -> L’indication "photo retouchée" sera obligatoire pour les silhouettes photoshopées

La principale mesure vise à lutter contre l’extrême maigreur des modèles. Ils et elles devront fournir un certificat médical attestant qu’ils ne sont pas excessivement maigres, ce sera donc au médecin de juger de la "normalité" de leur corpulence. Si une agence ou une marque emploie tout de même une personne qui ne respecterait pas cette obligation, elle sera passible de six mois de prison et de 75 000 euros d’amende.

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L’objectif : lutter contre l’anorexie, qui sévit chez les jeunes filles, à fois les mannequins mais aussi chez les adolescentes qui grandissent avec l’image de ces corps maigres comme étant l’image parfaite de la beauté.

"L’exposition à des images normatives et non réalistes du corps entraîne un sentiment d’autodépréciation et une mauvaise estime de soi pouvant avoir un impact sur les comportements de santé, explique le ministère de la santé dans un communiqué. Les deux textes visent à agir sur l’image du corps dans la société pour éviter la promotion d’idéaux de beauté inaccessibles […]. L’objectif est également de protéger la santé d’une catégorie de population particulièrement touchée par ce risque : les mannequins."

L’amendement sur le certificat médical a été déposé par le député socialiste Olivier Véran, qui avait cité lors du débat parlementaire en avril 2015 l’exemple d’une top modèle pesant moins de 45 kilogrammes pour 1,80 mètre. "En état de famine", souffrant de malaises à répétition mais "applaudie parce qu’elle avait perdu du poids", dans son agence.

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À l’époque, M. Véran estimait qu’en France, "entre 30 000 et 40 000 personnes" souffraient d’anorexie mentale. "Ce sont des adolescents dans 90 % des cas. L’impact social de cette image que véhicule la mode, où des femmes doivent être maigres à un niveau pathologique pour être belles et défiler, est très fort", a déploré le député. Espérons que le modèle très étriqué de la mode, respecte cette nouvelle loi.

Par Virginie Cresci, publié le 05/05/2017

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