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La journaliste à l’origine de #BalanceTonPorc poursuivie en justice par celui qu’elle accusait

Publié le

par Clothilde Bru

L’homme qu’elle avait mis en cause sur les réseaux sociaux réclame 50 000 euros de dommages et intérêts pour diffamation.

Le premier tweet avec le hashtag "balance ton porc", c’était elle : la journaliste Sandra Muller, qui dans le prolongement de l’affaire Weinstein, avait décidé de rapporter les propos déplacés de l’ancien dirigeant de la chaîne Equidia, Éric Brion sur Twitter.

Trois mois plus tard le retour de bâton surprend. On apprend qu’Éric Brion attaque la journaliste pour diffamation. Elle publie mercredi 17 janvier sur la page Facebook du mouvement éponyme Balance ton porc, un communiqué de presse pour faire état de son incompréhension : "Le #balancetonporc a servi à libérer la parole des victimes et à mettre la lumière sur un véritable problème de société encore si tabou."

D’autant qu’Éric Brion s’était déjà exprimé sur la question. Il avait déjà répondu par une tribune dans Le Monde à la fin du mois de décembre dernier. Il reconnaissait les faits et présentait ses excuses, du bout des lèvres : "Je le redis sans ambages, je regrette mes propos. Mais les conséquences ne sont-elles pas disproportionnées ?"

Changement de stratégie

18 jours plus tard, l’ancien patron de chaîne semble avoir "changé de stratégie", comme le relève Sandra Muller : "Une assignation m’a été délivrée, dans laquelle Monsieur Brion réclame notamment 50 000 euros de dommages et intérêts pour diffamation, des publications judiciaires et 10 000 euros de frais d’avocat."

Dans une nouvelle tribune publiée dans Le Point jeudi 18 janvier, Éric Brion raconte comment son existence "a basculé" depuis le fameux tweet, et les raisons qui le poussent à porter plainte pour diffamation : avenir professionnel compromis, image dégradée, insomnie… Alors qu’Éric Brion "ne songe pas une seconde à nier [les propos], graveleux et pathétiques, qu’il adressa un soir, il y a des années de cela, à la journaliste Sandra Muller", on comprend d’autant plus mal ce choix de l’attaquer en diffamation.

Ce sera à la justice de démêler ce paradoxe. De son côté Sandra Muller s’est dit déterminée : "J’irai au bout de ce combat avec l’aide de mon avocat et j’espère que ce procès sera l’occasion de porter un véritable débat sur les moyens de lutter contre le harcèlement sexuel."

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