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La jeunesse n'emmerde plus le Front National

Publié le

par Louis Lepron

C'est un fait : la jeunesse n'emmerde plus le Front National. Elle vote désormais pour le parti de Marine Le Pen.

Un jeune au QG de Marine Le Pen lors du premier tour des élections présidentielles de 2012 (Crédit Image : Louis Lepron)

"La jeunesse emmerde le Front National". Le slogan crié des Bérurier Noir de la fin des années 80 n'a jamais été aussi loin de la réalité. Si dans les années 80 il fédère une partie de la jeunesse pour mieux dénoncer une percée électorale du parti lors des élections qui ont cours pendant le second mandat de François Mitterrand, son message semble avoir été bloqué il y a 30 ans. 

Car selon une étude Ipsos/Sopra relayée par France Info, la jeunesse n'emmerde plus le Front National. En cause, l'attractivité de la formation politique de Marine Le Pen pour les jeunes : il devient le premier parti pour ceux qui veulent s'engager en politique, avec une forte proportion lorsqu'on regarde de plus près la tranche 18-24 ans.

Le FN, "premier parti de France chez les jeunes"

Sur 8.053 personnes interrogées par l'institut Ipsos du 20 novembre au 2 décembre 2015, 35% des 18-24 ans avaient prévu de choper un bulletin de vote FN lors des élections régionales. Près de 35% des jeunes inscrits sur les listes électorales, en âge de concrétiser leur opinion politique, ont ainsi pour premier réflexe de voter pour le FN. C'est ce qu'on appelle une surreprésentation. Suivent, juste derrière, Les Républicains, l'UDI et le MoDem, pour 27%, tandis que le PS peine à franchir la barre des 20% (21%). Les personnes les plus âgées, soit les plus de 60 ans, répugnent en majorité à voter FN : seulement 20% répondent aux sirènes alarmistes du parti, 35% préférant l'union LR-UDI-MoDem, 24% se rattachant au PS.

Terminé le cliché du jeune français qui, pour la première fois de sa vie, va voter à gauche, tandis que le plus vieux voit ses orientations politiques progressivement glisser du côté de la droite. Cette sociologie du vote n'est plus pertinente. Le jeune est désormais la personne qui, lorsqu'il a un bulletin de vote à la main, dit majoritairement oui au FN.

S'il faut nuancer cette étude de l'institut Ipsos, il faut préciser qu'elle est basée sur les intentions de vote des électeurs inscrits sur les listes électorales. Pas de prise en compte des abstentionnistes, ce qui remet en cause la phrase "Le FN, premier parti de France chez les jeunes". Chez les 18-24 ans, le taux d'abstention est ainsi majoritaire : en 2014, on dénombrait 61% de jeunes qui l'étaient lors des élections municipales. 61% de jeunes qui ne trouvent pas d'intérêt à choisir tel ou tel parti, 61% de jeunes qui, à peine l'âge de voter, sont déjà fatigués de la politique, se dépolitisant comme un seul homme.

Résultat, un boulevard pour le FN qui donne l'impression d'attirer en masse une population jeune qui pense avoir trouvé une réponse dans les propositions du parti de Marine Le Pen. Alors qu'il compte, en réalité, sur 35% de 40% des jeunes inscrits sur les listes électorales. Mais ce sont eux qui font les élections.

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