En 2016, la France est la championne de l'action pour le climat 

En pleine COP22, un rapport compare les politiques en matière de protection du climat de 58 États du monde. Et la France est en tête. 

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© Björn S./Wiki Commons

L'index 2016 de performance sur le changement climatique compare l'action environnementale de 58 États responsables de 90 % des émissions de gaz à effet de serre. La France est placée en tête du classement, en grande partie grâce à son action diplomatique lors de la COP21 qu'elle a accueillie en 2015. Ce rapport annuel, préparé par les ONG  Germanwatch et Climate Action Network (CAN), appelle l'ensemble des États à perpétuer leur action en faveur de l'environnement.

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Si ces organisations, explique Le Monde, se félicitent du "décollage des énergies renouvelables" ainsi que des "développements positifs dans le domaine de l’efficacité énergétique", elles rappellent aussi que "si ces tendances encourageantes ont lieu à l’échelle mondiale, la nécessaire transition énergétique est trop lente". 

En tête du classement , on trouve aussi le Maroc qui accueille cette année la COP22. Suffit-il alors d'organiser une conférence internationale pour combattre le réchauffement climatique ? Pas vraiment. Le Maroc a également décidé d'investir massivement dans les énergies renouvelables et le royaume s'est fixé des objectifs à long terme très ambitieux.

Une piqûre de rappel aux mauvais élèves

Diffusé en pleine COP22, le Climate Change Performance Index, le classement pointe aussi du doigt les très mauvais élèves comme le Canada, le Japon ou l'Australie, qui affiche toutefois un très faible progrès. Au Canada, l'arrivée de Justin Trudeau au pouvoir est une bonne nouvelle pour l'environnement, qui a été plutôt maltraité par les dernières politiques énergétiques du pays, même si les résultats ne sont pas encore frappants.

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Le Japon, avant-dernier au classement, se voit reprocher son obstination à développer le nucléaire et son refus d'investir dans le renouvelable. Sans grosse surprise, l'Arabie saoudite, deuxième producteur mondial de pétrole, se classe bonne dernière. La Chine et les États-Unis (les deux plus gros pollueurs mondiaux) qui ont tenu un rôle diplomatique important pendant la COP21, restent malgré tout de très mauvais élèves. Si la Chine connaît un certain essor en matière d'énergies renouvelables, ses émissions de CO2 sont toujours en augmentation tandis que celles des États-Unis ont repris une courbe ascendante en 2014.

Des paroles et des actes

Si la France peut se féliciter d'être l'un des États les plus investis dans la lutte contre le réchauffement climatique, elle doit néanmoins éviter de se reposer sur ses lauriers. Déjà un peu fanés d'ailleurs. En effet, le rapport n'oublie pas de le souligner que la France n'atteindra pas ses objectifs de production d’énergies renouvelables en 2020 et appelle à une action plus ambitieuse.

En outre, certains dossiers ont plombé la politique environnementale de la France et du quinquennat Hollande. Le dossier Notre-Dame-des-Landes, par exemple, fait toujours l'actualité alors que les travaux commencent en pleine tension. Il  y a eu aussi les va-et-vient autour de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. La plus vieille centrale de France présente effectivement des risques importants, et sa fermeture était l'une des promesses du candidat Hollande en 2012. Pour l'instant, on parle de 2018...

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Enfin, le budget de l'écologie a diminué tout au long du quinquennat avec une réduction de 10 % du personnel en charge de l'écologie tandis que l’écotaxe n'a pas finalement pas été mise en place. Un retour de cette mesure fiscale prévoyant de taxer un produit à fort impact sur l'environnement est néanmoins envisagé pour les poids lourds. Affaire à suivre.

En somme, il y a encore du boulot pour la France mais sa position stratégique dans les enjeux environnementaux devrait la contraindre à des actions concrètes.

Par Clotilde Alfsen, publié le 17/11/2016

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