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La CGT se lâche complètement dans sa dernière campagne de mobilisation

Publié le

par Théo Mercadier

Le syndicat étonne en affichant un prêtre sur l’un de ses tracts critiquant le travail le dimanche.

Après tout pourquoi pas… Toujours en lutte pour le respect du repos dominical, la CGT s’est fendue d’un nouveau tract plutôt étonnant. On y voit un jeune prêtre, Bible en main et en soutane, accompagné de la mention : "Lui, le dimanche, il est obligé de bosser. Pas vous !" Une invitation du religieux dans le débat public qui n’est pas forcément du goût de tout le monde, mais qui, il faut bien l’avouer, vient contredire ceux qui pensent que les luttes sociales "manquent d’humour".

Parmi les meilleures réactions à cette campagne un peu WTF, on peut citer celle de l’abbé Grosjean, prêtre à Versailles, qui vient remettre gentiment les points sur les "i". "Merci @CGT_Commerce pour ce clin d’œil! On a librement choisi non de travailler mais de servir… 7j/7 mais on défend votre repos dominical !", s’est-il fendu sur Twitter. Il faut dire qu’à l’origine ce jour de repos était justement réservé à l’exercice de sa religion, et pas seulement pendant une heure à la messe. Un usage perdu depuis par bon nombre de citoyens ayant déserté les églises, mais qui est à l’origine d’un rituel social profondément ancré : le dimanche, c’est le jour de la socialisation, de la sieste et des activités en famille.

Sauf que depuis la loi Macron, de nombreuses chaînes de magasins peuvent demander à leurs salariés de venir bosser le dimanche 12 fois par an. Cantonnée aux 20 zones touristiques internationales que compte la France (dont huit pour la seule ville de Paris), cette libéralisation du travail dominical pourrait bien devenir une nouvelle norme sociale. C’est en tout cas ce que craint la CGT, qui critique également son inutilité. "Le travail du dimanche dans le commerce n’est pas utile car il ne participe pas à la lutte contre le chômage. En revanche, il complique énormément la vie de famille des salariés", déclarait ainsi au journal Le Parisien Olivier Champetier, secrétaire local de la CGT, en marge d’une manifestation organisée en juin dans le centre commercial d’Évry 2.

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