L'homme qui avait tenté d'assassiner le président Reagan a été relâché

Alors que la campagne pour la présidence des États-Unis bat son plein, John W. Hinckley Jr., célèbre pour avoir tenté d'assassiner le président Ronald Reagan en 1981, a été libéré.

© Bureau fédéral d'investigation, FBI Washington/Wikimedia

Le 30 mars 1981, John Hinckley Jr. avait tenté d'assassiner le président Ronald Reagan, au sortir d'une conférence, devant l'hôtel Hilton de Washington. Interné durant trente-cinq ans à l'hôpital psychiatrique St. Elizabeths, à Washington, il a été libéré ce samedi 10 septembre, les experts médicaux ne le jugeant "désormais plus dangereux", rapporte le Washington Post.

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En 1981, John Hinckley Jr. avait 25 ans. Il s'était pris de passion pour le film Taxi Driver et l'actrice Jodie Foster, qui y joue le rôle d'une prostituée. Dans ce film, Robert De Niro incarne Travis Bickle, jeune homme perturbé projetant d'assassiner un candidat à la présidentielle. Ce fameux 30 mars, John W. Hinckley Jr. rate son coup de peu, mais blesse gravement à la tête James Brady, porte-parole de la Maison-Blanche. Celui-ci resta paralysé toute sa vie. À sa mort en 2014, le médecin-légiste signala son décès comme la conséquence de la blessure reçue trente-trois ans plutôt. Toutefois, John Hinckley Jr., qui fut immédiatement attrapé par les autorités après sa tentative d'assassinat sur le président, n'a pas eu été inculpé pour homicide, car il avait déjà été jugé pénalement irresponsable des ses actes pour raisons psychiatriques lors de son procès en 1982.

"John Hinckley est toujours une menace"

Le juge a imposé de nombreuses conditions à la sortie de John W. Hinckley Jr. : il ne devra pas s'éloigner à plus de 80 kilomètres de Williamsburg, (ville où il résidera désormais au domicile de sa mère), en Virginie, avoir des rendez-vous réguliers avec ses psychiatres et bien sûr, continuer son traitement. Il lui est également interdit d'approcher Jodie Foster ou l'un des proches de l'actrice. Au moindre dérapage, John Hinckley Jr. pourra être renvoyé à l'hôpital St. Elizabeths.

La Fondation Ronald Reagan et la famille de l'ancien président disparu en 2004, notamment sa fille, se sont fermement opposées à la libération du tireur. En juillet dernier, la fondation avait partagé le texte qu'elle avait envoyé au département de la Justice, qui venait d'autoriser la libération de John Hinckley : "Contrairement à la décision du juge, nous pensons que John Hinckley est toujours une menace pour les autres et nous nous opposons fermement à sa libération."

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Depuis quelque temps déjà John W. Hinckley Jr. sortait petit à petit du milieu hospitalier. Il passait 17 jours par mois chez sa mère et avait commencé à se réinsérer. Il n'a pour l'instant pas trouvé d'emploi fixe, mais participe à plusieurs activités en attendant. Le Washington Post rapporte qu'il a fait des sorties bowling, s'est rendu à des lectures, des concerts et s'est proposé pour du bénévolat à l'église du coin. S'il respecte les termes de sa libération, il pourrait peut-être, à 61 ans, envisager d'emménager seul ou en colocation.

Par Salomé Vincendon, publié le 12/09/2016

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