Un Tornado GR4, appareil sur lequel la RAF a testé les pièces imprimées. (Crédit image : Albanpix Ltd/Rex Features)

Des parties d'avions de la Royal Air Force imprimées en 3D

La Royal Air Force a testé des composants issus d'imprimantes 3D sur des avions de quatre escadrons. L'enjeu : couper près de 1,5 millions d'euros sur quatre ans.

Un Tornado GR4, appareil sur lequel la RAF a testé les pièces imprimées. (Crédit image : Albanpix Ltd/Rex Features)

Après avoir été la première armée de l'air indépendante du monde en 1918, la prestigieuse Royal Air Force (RAF) devient la première force aérienne nationale à se doter de pièces issues de l'impression 3D pour ses jets. Des avions de la base militaire aérienne de Marham, dans le Norfolk, ont été testés le mois dernier à Warton, Lancashire, alors même que certaines des parties qui les composaient avaient été imprimées en 3D.

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Ces parties imprimées, métalliques, concernent des composants de la radio du cockpit et des gardes pour l'arbre de prise de force de l'appareil. Pour la RAF, l'enjeu est de taille : couper dans les dépenses quelques 1,2 millions de livres (environ 1,44 millions d'euros) dans les quatre prochaines années selon la BBC. Les appareils concernés par ce test sont quatre escadrons de Tornado GR4 (photo).

Utiles en terme de coût, ces composants imprimés peuvent s'avérer aussi une ressource tactique décisive. C'est la firme BAE qui s'occupe de développer ces parties pour la RAF et Mike Murray, chef du département d'intégration aérienne, déclare à la BBC : "Soudain, le lieu de fabrication de ces choses n'est plus fixe. Vous pouvez fabriquer les produits dans la base que vous voulez, à la seule condition d'avoir une machine là-bas. Cela signifie également que vous pouvez réparer d'autres plates-formes telles que des navires ou des porte-avions".

Et d'ajouter, montrant l'importance de l'avantage stratégique : "S'il est possible d'avoir ces machines sur la ligne de front, cela permet une capacité de réparation là où nous n'aurions aucun support de fabrication habituellement".

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Prolifération potentielle

Craintes à cause de leur prolifération potentielle, les armes à feu imprimées en 3D (telles que le célèbre Liberator) ou bien l'usage d'imprimantes 3D à des fins létales fait parler d'elle de temps à autre sans qu'aucun méfait avéré n'ait encore été déploré. Il y a quelques mois, on apprenait cependant de source britannique le démantèlement d'un atelier de fabrications clandestin.

D'autres usages qui n'impliquent pas directement la mort d'êtres humains sont toutefois en bonne voie : la NASA expliquait en septembre son intention d'envoyer une imprimante 3D dans l'espace en 2014 afin de venir en aide aux cosmonautes. Ce type d'appareil pourrait être d'une grande aide pour développer des composants ou des outils dans le cadre de réparations d'urgence. Encore une fois, l'enjeu est de réduire les coûts des voyages dans l'espace. Cela nous rappelle soudain la devise de la RAF : Per Ardua Ad Astra, soit "À travers l'adversité jusqu'aux étoiles".

Par Théo Chapuis, publié le 06/01/2014

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