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À Istanbul, la Trans Pride dispersée au gaz lacrymogène par la police

Publié le

par Naomi Clément

© Ludovic Bertron/
Wikimedia/CC

Dimanche 19 juin, la communauté LGBT turque a une nouvelle fois dû faire face aux forces de l'ordre.

À Istanbul, en Turquie, la place Taksim est devenue, depuis 2013, le théâtre de la contestation populaire. Lieu emblématique de l'opposition au Président Recep Tayyip Erdoğan depuis le 31 mai, elle était ce dimanche 19 juin le terrain d'expression de la communauté LGBT.

Comme le rapporte 20 Minutes, une centaine de militants de la cause lesbienne, gay, bi et transgenre se sont réunis devant l'un de leurs locaux situé à deux pas de la place Taksim hier après-midi, en plein Ramadan, dans le but de célébrer la Trans Pride. Un évènement en faveur de la communauté transgenre, qui s'inscrit dans le cadre de la semaine LGBT en Turquie. Mais rapidement, l'atmosphère se tend.

Des opposants au mouvement LGBT s'interposent (l'un d'eux tente même de mettre feu à un drapeau arc-en-ciel), des mouvements de foule éclatent, et les policiers antiémeutes dégainent leurs gaz lacrymogènes et autres balles en caoutchouc pour disperser les militants : la manifestation prend fin. Un nouveau coup dur pour la communauté LGBT en Turquie.

Pas de Gay Pride en 2016

Déjà, en juin 2015, les forces de l'ordre turques avait réprimé la Gay Pride avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Mais cette année, l'évènement phare de la communauté homosexuelle, initialement prévu le 26 juin, ne verra même pas le jour : pour la première fois depuis sa création en 2003, les autorités turques ont décidé de l'interdire pour des raisons de sécurité.

En cause ? Les multiples attentats dont a été victime la Turquie au cours de ces derniers mois, mais surtout, des menaces directes de la part des Foyers d'Alperen, un groupe d'ultranationalistes turcs, qui a explicitement demandé aux autorités d'annuler l'événement, comme le relate le Guardian.

"À l'attention de nos responsables publics : ne nous laissez pas avoir affaire à cela. Faites ce qu'il faut, ou nous nous en chargerons. Nous prendrons tous les risques, et empêcherons directement cette marche", a déclaré mercredi 15 juin Kürşat Mican, le président des Foyers d'Alperen, lors d'une conférence de presse. Et d'ajouter :

"Les dégénérés ne seront pas autorisés à manifester leurs excentricités sur ce sol [...]. Nous ne sommes pas responsables de ce qui se produira ensuite. Ce que nous n'apprenez pas par l'expérience, vous l'apprendrez par les coups."

La Marche des fiertés turque, qui réunit chaque année des milliers de personnes depuis treize ans, est la plus importante du genre dans un pays musulman du Proche-Orient.

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