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En images : quand des street artists affichent la déforestation sur les murs de Sumatra

Publié le

par Jeanne Pouget

Avec la campagne Splash and Burn, des graffeurs investissent les murs de l’île de Sumatra en Indonésie afin de dénoncer les ravages de l’huile de palme. 

Ernest Wip. (© Splash and Burn)

Lorsque la fumée noire de l’huile de palme a atteint le studio du street artist lituanien Ernest Zacharevic, basé sur la presqu’île de Penang en Malaisie, celui-ci a décidé d’agir. En partenariat avec des ONG locales en charge de l’environnement, il a monté la campagne de sensibilisation "Splash and Burn" sur l’île de Sumatra. Un triste jeu de mots avec "Slash and Burn" ou technique du brûlis, qui consiste à défricher les champs par le feu. Un type d’agriculture extensive principalement utilisée pour la production de palmiers à huile en Indonésie et en Malaisie et qui conduit à une dégradation durable des sols tout en rejetant une importante quantité de gaz carbonique dans l’atmosphère. En Asie du Sud-Est, la pollution due aux fumées toxiques de la déforestation aurait entraîné la mort prématurée de près de 100 000 personnes en 2015

Alors, pour éveiller les consciences, des street artists réunis sous l’égide de Ernest Zacharevic, se sont emparés des murs de l’île de Sumatra en Indonésie, dont 85 % des forêts sont parties en fumée en un demi-siècle. Leurs œuvres mettent en scène les ravages de la production d’huile de palme tant pour les écosystèmes - la disparition du fameux orang-outan est l’exemple le plus éloquent -, que pour les hommes, victimes de la criminalité, de la corruption et de l’expropriation de leurs terres engendrées par ce commerce. 

Des artistes internationaux se sont ainsi secrètement emparés des rues et des façades de l’île depuis le mois de février pour dispatcher leurs travaux. Ernest Zacharevic a mobilisé le street artist espagnol Isaac Cordal, l’Anglais Gabriel Pitcher, les Américains Mark Jenkins et Axel Void, l’Italien Pixel Pancho, le Malaisien Bibichun et le Norvégien Anders Gjennestad, aka Strøk. Leur but étant d’interpeller les communautés locales de premier plan avec des images fortes qui poussent à réfléchir différemment sur un sujet à la fois tabou et banalisé dans ces contrées. En parallèle, Ernest Zacharevic a mis en vente une série limitée de 130 lithographies destinées à financer ce projet. 

Ernest Wip. (© Splash and Burn)

Ernest Zacharevic (© Splash and Burn)

Mark Jenkins (© Splash and Burn)

Isaac Cordal (© Splash and Burn)

Exemplaire de la série de lithographies mises en vente par Ernest Zacharevic.

Strøk. (© Splash and Burn)

Bibichun. (©Splash and Burn)

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