AccueilÉDITO

Bore-out : il traîne sa boîte en justice au motif qu'il s'ennuie trop au travail

Publié le

par Jeanne Pouget

L’ennui … ( ©alvarez- Getty/iStock)

Le premier procès de "bore-out" s'ouvre ce lundi 2 mai en France. Le syndrome de l'ennui au travail aurait des conséquences aussi graves que celles du fameux "burn-out". 

L'ennui ... ( © alvarez/iStock)

C'est une grande première à laquelle est confrontée depuis ce matin le conseil des prud'hommes de Paris : le premier procès en bore-out, ou syndrome d'épuisement professionnel par l'ennui. Ce trouble psychologique engendré par un manque de travail se caractérise par un déficit de satisfaction et d'épanouissement dans sa vie professionnelle.

Souvent, les employés qui en souffrent exercent des tâches pour lesquelles ils sont trop qualifiés et ne sont pas suffisamment occupés dans leur journée de travail. En résulte un sentiment d'insignifiance et la honte d'être payé à ne rien faire (a contrario du stress engendré par une trop grande quantité de travail et à l'origine du burn-out).

Selon Christian Bourion, rédacteur en chef de la Revue internationale de psychosociologie et interrogé sur le sujet dans les colonnes de Libération en 2015 : "Plus de 30 % des salariés en poste – toutes catégories confondues – sont en chômage, partiel ou total, à l’intérieur même de leur poste."

Une inactivité qui rend fou

C'est sur ce thème du bore-out que Frédéric Desnard attaque son ex-employeur, la société Interparfums, qui l'avait "placardisé" quatre années durant de 2010 à 2014.

"Vous arrivez à 9 heures, 10 heures le matin... Peu importe, ils s'en fichent puisque de toutes façons ils vous payent. J'avais les achats de fournitures à faire, acheter quelques ramettes de papier et puis, voilà, j'avais fini ma journée", explique-t-il au micro de France Info.

L'avocat de Frédéric Desnard, maître Montasser Charni, compte plaider le harcèlement moral ainsi que l'exécution déloyale du contrat de travail. L'entreprise étant tenue selon lui de fournir du travail à ses employés avec un minimum de contenu, et qui ne soit pas vide de sens.

La société Interparfums se défend de ces accusations en avançant que son ex-employé ne s'est jamais plaint par écrit et qu'il cherche à la dénigrer en raison de son licenciement, motivé par un arrêt de travail prolongé émis après un accident de voiture en 2014. On attend de voir ce que le conseil des prud'hommes de Paris, qui examine l'affaire aujourd'hui, conclura.

À voir aussi sur konbini :