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En Israël, Ikea supprime les femmes de son catalogue pour séduire les intégristes

Publié le

par Théo Mercadier

Le fabricant de meubles suédois n'a apparemment pas choisi de faire avancer les libertés des femmes dans le monde.

"Où sont les feeeeemmes ?" Pas dans le catalogue d'Ikea spécialement conçu pour les ultra-orthodoxes israéliens. C'est le site Ynet news qui a remarqué en premier que la célèbre entreprise suédoise avait tout simplement enlevé toutes les femmes de l'un de ses catalogues – une stratégie marketing plus que douteuse qui vise à séduire les citoyens les plus intégristes de l'État hébreu.

Le fabricant de meubles s'abaisse donc aux techniques de vente les plus honteuses pour vendre sa marchandise aux quatre coins de la planète. En Israël, deux catalogues Ikea cohabitent à ce jour. Le premier, destiné à 90 % des Israéliens, est tout ce qu'il y a de plus normal.

Celui destiné aux Haredim l'est beaucoup moins. Si ces ultra-orthodoxes ne représentent que 8 % de la population israélienne (soit environ 680 000 personnes), il est apparement hors de question pour Ikea de se les aliéner définitivement en leur mettant des photos de femmes sous le nez. Horreur !

La firme suédoise n'en est pas à son premier coup d'essai en matière de piétinement de la dignité féminine. En 2012, c'est en Arabie saoudite que son catalogue était brutalement "déféminisé", provoquant un tollé mondial. Ikea s'était alors défendu tant bien que mal en mettant en avant la difficulté à s'accorder aux mentalités locales sans contrevenir aux règle d'éthique les plus primaires.

Ces opérations sont pourtant à des années lumières des valeurs longtemps défendues par Ikea. La direction du groupe a d'ailleurs tenté d'éteindre l'incendie dans un communiqué envoyé à l'agence Religion News Service : "Nous réalisons que certaines personnes ont pu être blessées, ce catalogue n'a rien à voir avec les valeurs défendues par Ikea et nous nous en excusons."

Il est vrai que les catalogues Ikea ont longtemps été de véritables odes à la diversité, représentant par exemple de nombreux couples gays. Une ouverture d'esprit qui lui a notamment valu d'être boycotté par des conservateurs religieux. On en est aujourd'hui bien loin.

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