Une IA apprend à reconnaître les barrissements des éléphants pour mieux les préserver

Cela permettrait de les recenser beaucoup plus facilement.

(© Wikimedia / Sophie47)

En Afrique, les populations d’éléphants ne se portent pas bien. En 2011, on dénombrait 100 000 animaux dans les forêts du continent. Il n’y en aurait aujourd’hui plus que 40 000 environ. Hashtag extinction des espèces.

Ces chiffres nous sont fournis par Microsoft qui, avec son programme AI For Earth et ses 50 millions de dollars, entend mettre à profit le must de la technologie pour sauver la Terre (sans aucune ironie) en finançant des projets triés sur le volet.

Parmi les initiatives récompensées, celle de l’entreprise Conservation Metrics. Les ingénieurs sont en train mettre au point une IA capable de décoder très distinctement les barrissements des éléphants afin de faciliter leur recensement, le tout pour mieux lutter contre le braconnage.

Comme pour toute IA digne de ce nom (à l’exception de celle-là), il faut traiter un grand nombre de données pour arriver à quoi que ce soit. Ce qui implique deux choses : #1. recueillir ces données et #2. avoir des ordinateurs très puissants pour faire des calculs.

Concernant la première condition, Conservations Metrics collabore depuis 2017 avec "The Elephant Listening Project", rattaché au Cornell Lab of Ornithology situé à New York. Depuis trente ans, les chercheurs y analysent les barrissements des éléphants, parfois grâce à des capteurs installés dans les environnements naturels.

Pour l’étape suivante, Microsoft a mis à disposition de Conservations Metrics son service de cloud-computing ainsi que du matériel informatique. Résultat : avant le lifting, il fallait trois semaines pour analyser plusieurs mois de données de barrissements. Aujourd’hui, l’entreprise affirme que l’affaire serait pliée en une journée.

Microsoft travaille aussi sur trois autres programmes visant à lutter contre le braconnage pachydermique : une IA permettant d’améliorer les itinéraires des gardes forestiers, une autre capable d’analyser les photos issues de pièges photographiques et une dernière pour traiter les images satellites, en séparant les éléphants des autres animaux.

Par Pierre Schneidermann, publié le 15/08/2018