La ville de Paris dit enfin non aux cirques avec des animaux sauvages

Mercredi 13 décembre, Anne Hidalgo s’est engagée à ce que Paris n’accueille plus de cirques proposant des spectacles avec des animaux sauvages.

À Fairfax (Virginie), en 2007. (© Michael S. Williamson/The Washington Post via Getty Images)

La ville de Paris s’est engagée à proscrire les spectacles de cirque mettant en scène des animaux sauvages. La capitale s’aligne ainsi sur 46 autres municipalités ayant adopté une mesure similaire dans l’Hexagone.

Néanmoins, la maire de Paris a précisé n’être pas décisionnaire sur la question, car la responsabilité de cette interdiction incombe à l’État, mais s’engage en ce sens. "L’échéance" reste "à préciser" entre l’État et les professionnels du cirque, écrit Anne Hidalgo dans un communiqué relayé par Paris Match.

Une tendance de fond

Le débat sur la légitimité d’autoriser des spectacles mettant en scène des animaux sauvages a été relancé le mois dernier lorsqu’un tigre échappé d’un cirque a été abattu en pleine rue dans la capitale. La décision de tuer l’animal fugitif avait fortement choqué l’opinion et discrédité encore plus l’utilisation de ce type d’animaux dans des spectacles de cirque.

Les "animaux sauvages dans les cirques ne sont pas bien traités. Ils sont exploités à des fins d’amusement et cela heurte de plus en plus de Parisiens", observe Jacques Boutault, maire Europe écologie-Les Verts (EELV) du 2e arrondissement cité par l’hebdomadaire.

Cette décision va donc dans le sens du progrès et de la préservation des espèces, selon les élus :

"On ne peut pas parler à tout va de biodiversité dans toutes nos délibérations et trouver normal que des espèces hautement menacées d’extinction soient dressées à faire les clowns et enfermées dans des cages exiguës le reste du temps", analyse par ailleurs Yann Wehrling, porte-parole et secrétaire général du MoDem.

Les associations de protection des animaux saluent cette décision mais appellent à aller plus loin : "Plus d’animaux sauvages dans les cirques à Paris ? Simple déclaration d’intention, nous attendons désormais un engagement ferme, brisons les chaînes", a lancé la Fondation Brigitte-Bardot sur son compte Twitter.

Ce qui est sûr, c’est que les spectacles avec les animaux sauvages mettent de plus en plus mal à l’aise le public. De quoi pousser les cirques à se réinventer, sans éléphants faisant des pyramides, de tigres ou de lions sautant à travers des cerceaux enflammés ou des ours qui font de la trottinette avec un chapeau sur la tête.

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Par Jeanne Pouget, publié le 15/12/2017