Hong Kong : l'appli FireChat, arme secrète de la communication entre manifestants

Pour faire face à une éventuelle coupure des réseaux cellulaires et WiFi, les manifestants d'Occupy Central à Hong Kong utilisent FireChat, une service de messagerie qui ne nécessite qu'une connexion Bluetooth.

Les militants d'Occupy Central exigent la relance du processus de réformes diplomatiques (Crédits image : AFP/Xaume Olleros)

Les militants d'Occupy Central exigent la relance du processus de réformes diplomatiques (Crédits image : AFP/Xaume Olleros)

Le bras de fer entre militants et forces de l'ordre se poursuit  à Hong Kong. Si le mouvement pro-démocratique qu'on appelle Occupy Central ou "révolution des parapluies" ne plie pas face à la police anti-émeutes, c'est peut-être parce que ses manifestants ont l'avantage d'être très organisés.

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Sur les photos diffusées par les rédactions du monde entier, on remarque beaucoup les parapluies, lunettes hermétiques, ponchos et autres masques pour se protéger des projections de gaz lacrymogènes. Mais l'un des plus brillants outils utilisés par les manifestants est moins visible sur les clichés des photo-reporters : il s'agit d'une application nommée FireChat.

Pas de réseau ? Pas de WiFi ? Pas de problème !

Lancée en mars 2014, FireChat est un service de messagerie dont la particularité est de fonctionner par technologie Bluetooth, c'est-à-dire sans avoir recours ni au réseau téléphonique, ni au WiFi. Un mode hors-connexion qui permet d'envoyer des messages à ses contacts jusqu'à 60 mètres à la ronde.

FireChat leur permet ainsi de pallier toute censure gouvernementale. C'est le jeune leader de la contestation, le prodige Joshua Wong, qui a appelé ses compagnons de lutte à utiliser cette appli.

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Les jeunes qui prennent part à ce mouvement contournent la censure d'Instagram comme ils peuvent (Crédits image : Alex Ogle)

Les jeunes qui prennent part à ce mouvement contournent la censure d'Instagram comme ils peuvent (Crédits image : Alex Ogle)

Le Wall Street Journal rapporte que selon Micha Benoliel, le Californien co-fondateur de cette application, elle aurait été téléchargée plus de 100 000 fois en 24h, de dimanche 28 à lundi 29 septembre. Pas mal. Selon France Info, l'entrepreneur s'est d'ailleurs rendu en personne pendant une semaine à Hong Kong afin de constater l'usage de son appli.

Selon Slate, la révolte de Hong Kong n'est pourtant pas la première à utiliser FireChat. De Taïwan à Notre-Dame-des-Landes, en passant par l'Iran, cela fait environ un an que cette application est prisée des manifestants qui souhaitent communiquer par des canaux plus surs, et alternatifs.

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Guerre de communication

L'exemple de FireChat s'inclut pour autant dans un mouvement plus large : Internet, au même titre que la rue, est devenu le relai privilégié des révoltes. 

Et la révolution des parapluies ne déroge pas à la règle. Elle est ainsi le théâtre d'une guerre de la communication intense entre les autorités et les rebelles. Censure d'un côté : il y a une semaine, les échanges de photos sur l'application mobile Instagram étaient en effet rendus impossibles dans toute la Chine. Unité de l'autre : sur le web, les manifestants coordonnent leurs actions afin de renvoyer une image puissante comme le montre le tweet ci-dessous.

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Par des biais plus classiques, note l'Express, la presse chinoise officielle accuse ce mouvement pro-démocratie d'être "animé par des extrémistes politiques". Selon les médias inféodés au pouvoir communiste, il "ruine l'image de Hong Kong" et "[profite] de l'idéalisme et de l'enthousiasme des étudiants pour promouvoir une avancée démocratique". Le Global Times, quant à lui, annonce, définitif, qu'il est "voué à l'échec".

Wait and see.

Par Théo Chapuis, publié le 02/10/2014

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