Hiro Onoda le jour de sa reddition finale, en 1974. (Crédits image : AP)

Hirō Onoda, le dernier soldat japonais de la Seconde Guerre mondiale

Hirō Onoda, soldat japonais de la Seconde Guerre mondiale, a tenu son poste sur l'île qu'il devait défendre jusqu'en 1974. Il est décédé aujourd'hui.

Hiro Onoda le jour de sa reddition finale, en 1974. (Crédits image : AP)

Fascinante histoire que celle des stragglers. Le mot, qu'on pourrait traduire en français par "traînards", sert à désigner ces soldats japonais pour lesquels la Seconde Guerre mondiale ne s'est pas arrêtée en août 1945 lors de la capitulation signée par le conseil impérial. Le sous-lieutenant Hirō Onoda, décédé vendredi 17 janvier dans son domicile de Tokyo à l'âge de 91 ans, fait partie de ces soldats japonais disséminés sur les îles du Pacifique avec pour ordre de tenir coûte que coûte.

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Il a refusé de croire à la reddition de son pays en 1945 et en bon soldat loyal qu'il était, il a continué à tenir son île philippine de Lubang, près de Luzon, jusqu'en 1974. Envoyé en 1944, il avait reçu pour ordre de ne jamais se rendre et d'attendre l'arrivée de renforts. L'officier de renseignement a scrupuleusement obéi. Tellement scrupuleusement que lors de la défaite des troupes nippones sur l'île, il s'est retranché dans les montagnes avec trois de ses hommes rescapés afin de poursuivre le combat.

Près de trente ans de maquis

L'un d'eux, ne tenant plus, se rend finalement aux forces philippines en 1950. L'histoire des deux autres subalternes est plus tragique : ils furent tués lors de combats contre les forces locales. Le premier, abattu en 1954, laisse penser à Tokyo et Manille que des "traînards" se trouveraient bien encore dans les forêts. Après des années de recherche, ils abandonnent jusqu'à ce que le dernier homme de Onoda soit abattu en 1972.

Ne reste alors que l'éternellement fidèle sous-officier, retranché seul dans son maquis, qui rejette encore et toujours la fin de la guerre. 29 ans après la fin du conflit le plus meurtrier du XXème siècle, il est encore persuadé que c'est une ruse de l'ennemi pour tenter de le mettre hors d'état de nuire.

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Sauvé par un étudiant

Il faudra alors l'aide d'un étudiant japonais, Norio Suzuki, pour sauver le soldat Onoda. Le jeune homme retrouve alors le sous-officier et parvient à le rencontrer. Il parvient à un compromis avec Onoda : si le supérieur de celui-ci lui ordonne de rendre les armes, il obéira, tel l'homme de guerre loyal qu'il est. Le commandant d'Onoda, le major Taniguchi, se rend alors à Lubang et informe le soldat oublié de la défaite du Japon. Hirō Onoda remet alors ses armes et son uniforme au président philippin Ferdinand Marcos.

Hiro Onoda, remettant son sabre au président Ferdinand Marcos en 1974. (Crédits image : AFP)

Héritage des "traînards"

Hirō Onoda est alors le dernier citoyen japonais combattant de la Seconde Guerre Mondiale à avoir été retrouvé en vie. Libéré de ses fonctions militaires, il s'établit alors au Brésil où il écrit une autobiographie au titre sans équivoque : Ne pas se rendre : Ma guerre de Trente Ans. Son histoire, proprement incroyable, n'est pas la seule.

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Il fait partie de centaines de stragglers découverts tout au long des années 1950, 1960 et 1970 dans les îles du Pacifique sur lesquelles l'armée japonaise avait disséminé ses troupes pour retarder la défaite face aux Américains. Ils ont résisté à cause de leur trop puissante ferveur, comparable à celle des effrayants kamikaze qui s'écrasaient sur les navires américains. Ou bien à cause d'un stupide manque de communication avec leurs supérieurs, incapables de les avertir de la défaite.

Leur histoire improbable en a inspiré d'autres. Elle est en partie reprise dans l'un des films de la paire comique italienne Terence Hill et Bud Spencer, Salut l'Ami, Adieu le Trésor !, à voir ci-dessous pour les plus fervents fanatiques d'entre vous.

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L'histoire des traînards japonais a de quoi faire fantasmer. Leur mythe a même touché le domaine des jeux vidéo et plus particulièrement le jeu Just Cause 2. Dans ce jeu développé pour PC, XBox 360 et Playstation 3, une faction de l'armée japonaise planquée dans une partie de l'archipel sur lequel le jeu se déroule résiste encore et toujours.

Par Théo Chapuis, publié le 17/01/2014

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