HipHop, la plateforme gratuite qui veut concurrencer Spotify et Deezer

À la manière de Spotify et Deezer, HipHop permet d'accéder à des morceaux, de créer ses playlists... Mais le tout gratuitement.

Techniquement, HipHop n'en est qu'à ses balbutiements. Juridiquement, elle flirte avec la légalité. La platerforme est accessible via une application dédiée, déclinée sous Windows, Mac et Linux. Les chansons, elles, proviennent des sons des vidéos YouTube.

Le processus est simple pour y accéder : il suffit d'aller sur le site consacré à l'application, télécharger cette dernière, l'installer sur son ordi et la lancer. Là, quelque 45 millions de titres nous attendraient, gratuitement.

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C'est ce que promettent les créateurs de l'application :

HipHop est une application pour Windows, Mac et Linux qui vous permet d'écouter instantanément plus de 45 millions de chansons (beaucoup plus que les 26 millions de iTunes). Elle ne nécessite aucune inscription, n'affiche aucune publicité et est sûre à 100%.

Effectivement, aucune inscription, pas de pub, ça a l'air fiable. Mais pour les 45 millions de morceaux, on reviendra. Car le temps d'attente lorsque l'on effectue une recherche est long, très long, à n'en pas finir. Sur l'interface au graphisme simple, une sélection de morceaux est proposée. Les "top tracks".

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(Capture d'écran de la platerforme musicale HipHop)

On les a comptés, 49 morceaux composent cette liste. On est loin du compte. Et pendant qu'on écoute ce qu'on nous sert, entre "Happy" de Pharrell – oui, il est partout –, "Love Never Felt so Good" de Michael Jackson et Justin Timberlake, et "Latch" de Disclosure feat. Sam Smith, on attend, encore et encore, que le moteur de recherche réponde à notre requête.

Mais rien. On a même eu le temps de créer notre première playlist "rap", dans l'espoir de l'alimenter.

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(Capture d'écran de la platerforme musicale HipHop)

Du coup, on fait demi-tour. Peut être que l'application fonctionnera chez vous, ou plus tard. En quittant le logiciel, on se pose une question : est-ce légal tout ça ? Si oui, c'est une bonne démarche, qui pourrait faire de la concurrence à Deezer et Spotify, qui peinent tous deux à trouver un équilibre financier.

Si non, HipHop risque de ne pas vivre très longtemps, ou du moins de s'attirer quelques problèmes. Son action reste quelque peu bancale, entre flirt avec la légalité et aucun business plan à l'horizon. Pour proposer ses musiques, le service va piocher sur YouTube, pour uniquement conserver le son des vidéos, en tentant d'offrir la meilleure qualité sonore possible. Il suffirait que Google, propriétaire de YouTube, fasse un mouvement pour que HipHop s'effondre.

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Pour les fondateurs de la plateforme de streaming, la musique doit être "gratuite" :

Nous croyons qu'écouter de la musique devrait toujours être gratuit et accessible à tous, et que seul le fait de la posséder [la musique] doit entraîner un coût. Nous croyons également que le logiciel à la fois utile et open-source ne peut tout simplement pas mourir.

Et pour les créateurs de la plateforme, de la musique proposée gratuitement... Est-ce vraiment légal ? Tout dépend de leur démarche. Contactés, ils donnent des éléments d'information quant à la légalité ou non de HipHop :

C'est entre les deux. Nous n'hébergeons pas de contenu musical comme le fait YouTube, et nous ne faisons pas d'argent là-dessus. Mais nous sommes en train d'acquérir certaines parties des droits YouTube, comme le font beaucoup d'autres applications sur l'App Store.

HipHop vient d'être lancé et ambitionne déjà de se décliner sur les mobiles, sous iOS ou Android.

Par Rachid Majdoub, publié le 12/06/2014