Selon des psychiatres, le hip-hop permet de combattre les maladies mentales

Des chercheurs britanniques défendent les vertus thérapeutiques du hip-hop et encouragent l'utilisation du rap dans les soins aux personnes atteintes de dépression ou de schizophrénie.

Eminem, grand malade devant l'Eternel, en camisole dans le clip de "Monster".

Eminem, grand malade devant l'Eternel, en camisole dans le clip de "Monster".

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Pour une fois, ce n'est pas nous qui le disons mais des scientifiques patentés : le hip-hop est bon pour la santé. Des chercheurs britanniques, cités samedi 11 octobre par le site du Guardian, affirment que le rap peut aider à soigner des affections mentales telles que la schizophrénie et la dépression.

La neurologiste Becky Inkster de l'Université de Cambridge et le psychiatre Akeem Sule, du South Essex Patnership Trust (une association publique spécialisée dans les troubles mentaux) affirment que le hip-hop procure un sentiment de responsabilisation et d'introspection qui pourraient aider les patients à combattre leur maladie. Regroupés sous le nom Hip Hop Psych, les deux scientifiques soutiennent que le double H comporte une sensibilité intrinsèque aux problèmes mentaux.

"Le hip-hop et le rap portent des messages plus complexes qu'on ne le croit"

Selon Becky Inkster, interrogée par le Guardian, de nombreuses formes du hip-hop évoquent les maladies mentales :

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Le hip-hop est tellement plus riche que ce que pense le public. J'ai grandi dans les années 90 durant l'âge d'or du hip-hop, lorsqu'il a explosé dans la culture mainstream. Il regorge de références à des maladies mentales qui n'ont pas été correctement explorées et qui pourraient énormément aider les patients. Nous voulons travailler avec des rappeurs, des associations, des groupes médicaux et d'autres qui promeuvent le vrai potentiel du hip-hop.

Un potentiel thérapeutique que les deux scientifiques entendent exploiter grâce à des ateliers de rap pour les patients atteints de maladie mentales ou l'enseignement du hip-hop pour les étudiants en médecine.

De nombreux rappeurs phares et artistes hip-hop viennent de zones urbaines défavorisées qui constituent souvent des terreaux pour des problèmes tels que la toxicomanie, la violence domestique et la pauvreté, elles-mêmes liées à la multiplication des maladies psychiques. Ces problèmes sont enracinés dans leurs langage et leurs chansons.

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Pharrell, Eminem et Professor Green comme médicaments

Cité en exemple par Hip Hop Psych, le tube "Happy" de Pharrell Williams, avec des lyrics tels que :

Voici les mauvaises nouvelles à propos de ci et de ça, ouais,
Eh bien donne-moi tout ce que tu as, ne te retiens pas, ouais,
Je devrais probablement te prévenir, tout ira bien pour moi, ouais,
Sans vouloir t'offenser, ne perds pas ton temps

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Autres chansons citées par les deux chercheurs, "Lullaby" du rappeur britannique Professor Green, dans laquelle il évoque sa victoire contre la dépression, ou l’œuvre d'Eminem en général, qui aborde très souvent les thématiques liées à l'addiction et aux troubles mentaux.

Ainsi, la neurologiste Becky Inkster conclut :

Le hip-hop en général, et le rap en particulier, portent souvent des messages beaucoup plus complexes que ce qu'on croit. C'est ce qui en fait le medium idéal pour aider les personnes à comprendre leurs problèmes psychologiques et à trouver des moyens de les affronter.

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Par François Oulac, publié le 13/10/2014

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