Par Fanny Hubert

Une étude récente montre que 100% des femmes se disent avoir été victimes de harcèlement de rue. Pour sensibiliser au problème, l'application Hé a vu le jour. 

Le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) a rendu jeudi 16 avril un rapport sur le harcèlement de rue. Sur les 600 femmes de Seine-Saint-Denis et d'Essonne interrogées, toutes ont répondu avoir déjà été victimes d'agression dans les transports en commun. Soit un pourcentage effarant de 100%.

Pour sensibiliser au problème, l'association Stop au Harcèlement de rue, déjà à l'origine d'une campagne qui détourne les affiches de métro, vient de lancer une application avec l'agence BETC. Hé – c'est son nom – est disponible sur iOS. Elle reprend le principe de la célèbre application Yo, qui permet tout simplement d'envoyer des "Yo" à ses contacts.

Reproduire l'expérience du harcèlement de rue

Avec Hé, on peut donc envoyer des "Hé" à ses amis. Mais l'application va évidemment plus loin et reproduit l'expérience du harcèlement de rue. Comme expliqué dans la vidéo ci-dessus, Hé est présentée simplement comme une version française de Yo. Lorsque la personne la télécharge, elle peut ajouter autant d'amis qu'elle le souhaite. Mais un ami qu'elle ne connait pas s'incruste automatiquement dans la liste.

Nommé Martin 88, il commence à échanger des "Hé" avec l'utilisateur de manière très insistante. Et la conversation dérape très rapidement, les "Hé" se transformant en "Hé, t'es trop bonne" ou encore "Hé salope tu crois que tu peux te casser comme ça ?". Logiquement, après autant de messages insultants, l'utilisateur devrait bloquer ce Martin. Lorsqu'il le fait, un message de Stop au Harcèlement de rue apparait et un lien permet de le rediriger vers le site de l'association.

Le but est réellement de démontrer ce qu'est le harcèlement de rue à ceux qui n'en ont pas conscience et qui tournent encore trop la tête lorsqu'ils sont confrontés à ce genre d'événement. Car ce sujet est bien trop souvent pris à la légère. On l'a encore remarqué ce jeudi 16 avril avec un tweet aberrant de Sophie de Menthon, membre du Conseil Économique, Social et Environnemental :

Les réactions n'ont pas tardé et les internautes se sont indignés en reprenant le hashtag #Plutotsympa pour raconter leurs expériences fréquentes de harcèlement de rue.

Espérons qu'avec ce genre d'initiative comme Hé, les mentalités pourront évoluer.