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La hausse du taux de méthane dans l'atmosphère inquiète les scientifiques

Publié le

par Clotilde Alfsen

pixnio/ bétail

Depuis quelques années la concentration de méthane dans l'atmosphère ne cesse d'augmenter, ce qui aggrave le réchauffement climatique.

L'élevage de bovins est l'une des principales sources d'émissions de méthane dans le monde. (Ryan Hagerty/Pixnio/CC)

Une étude publiée le 12 décembre révèle des chiffres alarmants sur la concentration de méthane dans l'atmosphère. Le méthane étant un gaz qui conserve 28 fois plus la chaleur que le CO2, la hausse spectaculaire soulignée par les chercheurs est une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui luttent contre le réchauffement climatique. L'étude, parue dans les revues scientifiques Earth System Science Data et Environmental Research Lettersa mobilisé 83 chercheurs de 50 institutions dans 15 pays différents, d'après Le Figaro

Les résultats de l'enquête établissent que le gaz s'accumule 20 fois plus vite dans notre environnement qu'il y a 15 ans. Alors que la concentration de méthane dans l'atmosphère était plutôt stable de 2000 à 2006, elle a terriblement augmenté entre 2007 et 2013. Pour se faire une idée, elle était de 730 parties par milliards de molécules d'air (ppb) au début de l'ère industrielle, contre 1 834 ppb en 2015 .

Si le taux de CO2 dans l'air se stabilise, on assiste ainsi à une augmentation catastrophique de la concentration de méthane. La différence entre les deux gaz est que le CO2 conserve moins la chaleur mais reste plus longtemps dans l'atmosphère, tandis que le méthane reste moins longtemps dans l'air mais conserve plus la chaleur.

"La stabilisation de la hausse des émissions de CO2 ces trois dernières années contraste spectaculairement avec la récente augmentation rapide des concentrations de méthane", remarque Robert Jackson, professeur à l’université Stanford et coauteur de l'étude.

Pas de certitudes sur les causes précises

S'il est clair que la hausse progressive du taux de méthane dans l'air est due aux activités humaines, les chercheurs ne savent pas exactement ce qui explique le pic spectaculaire de ces dernières années. Quelques pistes sont cependant proposées : l'agriculture serait particulièrement responsable, à cause de l'élevage. Comme le rappelle Libération, le nombre de têtes de bétail est passé de 1,3 milliard en 1994 à près de 1,5 milliard en 2014.

Les régions tropicales en Amérique du Sud et Asie du Sud sont aussi pointées du doigt. D'après l'étude, les pays de ces régions ont participé à plus de 50 % aux émissions de méthane entre 2003 et 2012, notamment en raison de l'augmentation de la taille des cheptels de bovins et d'ovins, ainsi que celle des surfaces occupées par des rizières – les sols inondés champs de riz favorisant la prolifération de microbes produisant du méthane. Les chercheurs évoquent aussi le traitement des déchets, ou encore l'exploitation du gaz naturel (notamment le gaz de schiste), du méthane s'échappant des puits de gaz et de pétrole.

Libération nous rappelle l'existence d'une étude, publiée dans la revue Nature le 1er décembre, qui décrit un rejet massif de méthane par les sols en raison du réchauffement climatique – notamment en Sibérie, où de gigantesques quantités de méthane sont piégées par des sols qui se dégèlent progressivement. En termes de solution, des scientifiques essaient déjà de limiter la diffusion de méthane lors de la digestion des vaches en changeant l'herbe qu'elles consomment ou en transformant directement leur système digestif. Si l'on réussit à réduire la diffusion de méthane, les effets sur le changement climatique devraient être rapidement ressentis.

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