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"Happy" aux municipales : des lip dub hors-la-loi

Publié le

par Théo Chapuis

Que vous viviez en Tunisie ou bien à Toulouse, que vous pratiquiez le piano ou bien la percussion sur vaisselle de cuisine, il est impossible d'y couper : le monde entier a succombé peu à peu à l'hédonisme et au charme fou du tube de Pharrell Williams, l'entêtant "Happy".

Mais au-delà des reprises bon enfant intentées par des milliers de YouTubeurs, le succès du single-phare de l'album de Pharrell Williams se répercutera-t-il dans les urnes ? La chanson a été utilisée par des dizaines de candidats (toutes couleurs politiques confondues) aux élections municipales en guise de clip de campagne, comme le prouve cette compilation qu'on doit à Libération.

Sauf que sous leurs dehors sympas et détendus de l'écharpe tricolore, les édiles potentiels des cités de Caen, Courbevoie, Angers, Toulouse, Lyon, Valence, Villeneuve-lès-Avignon, etc. ont tout simplement enfreint la loi. Le collectif de réalisateurs français We Are From LA, à l'origine du clip original tourné à Los Angeles, est très ferme : il s'agit de retirer leur vidéo de campagne des plateformes Internet.

La propagande "Happy"

Leur avocat, Me Robert Dupaquier, agite l'article 111-1 du code de propriété intellectuelle. Celui-ci interdit en effet "l'adaptation ou la transformation" d'une oeuvre. "On ne peut pas utiliser le clip de Pharrell Williams à des fins de propagande" politique, assure au Scan l'avocat.

Il rappelle que la loi interdit également l'utilisation de la marque commerciale We are from LA telle que l'ont pratiquée les candidats - qui ne s'étouffent pas trop d'originalité. C'est-à-dire en nommant leurs clips "We are from [nom de la municipalité]".

Selon Le Figaro, le retrait de nombreux clips de campagne calqués sur la vidéo litigieuse seraient en cours. On en trouve pourtant encore beaucoup tout autour de la France, de Schiltigheim à Courbevoie, de Fougères à Guebwiller, jusqu'à Argenteuil.

Gageons qu'ils seront bientôt tous retirés, la défense de We Are From LA n'ayant pas l'intention de faire de cadeaux : "s'ils ne sont pas rapidement retirés, nous n'aurons pas d'autre choix que de porter l'affaire en justice", prévient Me Robert Dupaquier, pour qui le mieux serait toutefois de régler l'affaire "en bonne intelligence".

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