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Hambourg en mode champ de bataille pour accueillir le G20

Publié le

par Théo Mercadier

La ville allemande de Hambourg, qui accueille le G20, est le théâtre d’affrontements hallucinants.

Le ton était donné : "Bienvenue en enfer." Une foule de manifestants est venue de toute l’Europe pour protester contre le G20, qui réunit à Hambourg les 35 délégations des plus grandes puissances, les 7 et 8 juillet. Les militants d’extrême gauche commençaient déjà, le 6 juillet, à faire entendre leur voix contre le système capitaliste. "Welcome to hell" arboraient-ils sur leur bannière de tête de cortège ; "Fight antisemitism" ("Combattez l’antisémitisme"), était-il encore écrit sur le côté du groupe. Pas de doute, "nous sommes bien en Allemagne", commente un photographe sur Twitter.

Prévenue, la ville s’est mise en état d’urgence : plaques de bois sur les vitres, arrêt de certaines lignes de transports, déploiement d’un important dispositif policier… "Cela fait une semaine qu’on entend les hélicoptères en permanence, les bus sont à l’arrêt, les gens laissent leurs voitures garées chez eux et, pour la première fois en Allemagne, je prends mon passeport avec moi en sortant" pour les contrôles policiers, explique un habitant de la ville dans les colonnes du Point.

Malgré ces précautions, les heurts entre manifestants et forces de l’ordre se sont multipliés. Sur les 20 000 policiers déployés pour protéger le G20, 111 ont été blessés. Aucune statistique n’a pour l’instant été communiquée sur le nombre de manifestants blessés, mais les réactions de journalistes présents sur place laissent présager du pire, alors que d’autres improvisent des sitting armés de parapluies pour braver les tirs de canon à eau.

Après une nuit de heurts, des cohortes de manifestants tout habillés de noir ont inondé ce matin des rues désertes, démolissant tout sur leur passage, parfois renforcés par les membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), opposé au président turc Recep Tayyip Erdoğan.

Le bilan matériel n’a pas encore été dressé, pour la simple et bonne raison que chaque heure qui passe voit son lot de voitures brûlées et de vitres explosées. Dans la soirée du 6 juillet, de gigantesques colonnes de fumée s’élevaient sur la ville, alors que les arrestations massives de manifestants se poursuivaient au sol. Libération révèle qu’un camp initialement prévu pour l’accueil des réfugiés a été transformé en prison de haute sécurité pouvant accueillir jusqu’à 400 détenus provisoires. Neuf magistrats ont en outre été spécialement mobilisés sur place afin d’appliquer des peines à la chaîne et sur le champ.

Le syndicat de police allemand GdP a déploré dans un communiqué que les "autoproclamés black blocs" aient "détourné les manifestations pacifiques de dizaines de milliers de personnes pour s’en prendre délibérément" aux policiers. Il semblerait en tout cas qu’ils aient réussi leur pari de perturber l’ouverture officielle du G20. D’après Le Monde, la première dame des États-Unis, Melania Trump, n’a pas pu sortir de sa résidence par mesure de sécurité, et Le Point rapporte que les pneus de véhicules de la délégation canadienne ont été crevés. Le week-end s’annonce donc super chaud à Hambourg : Libération annonce jusqu’à 150 000 manifestants samedi.

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