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Le Grand Journal, c'est (vraiment) fini

Publié le

par Louis Lepron

Michel Denisot, animateur iconique du Grand Journal, de 2004 à 2013

C'est officiel.

Michel Denisot, animateur iconique du<em> Grand Journal</em>, de 2004 à 2013

La nouvelle est venue d'un communiqué de presse de Canal+ : le 17 mars prochain sera la dernière pour Le Grand Journal, émission iconique animée dans un premier temps et pendant huit saisons par Michel Denisot :

"Les programmes en clair débuteront désormais à 19h30 autour des émissions identitaires de la chaîne : Le Journal du Cinéma, Le Gros Journal, Le Petit Journal, Catherine et Liliane et Les Guignols."

La nouvelle programmation sera ainsi effective dès le 20 mars.

Sur Twitter, Michel Denisot a tenu à rendre hommage à son équipe des premières années du Grand Journal :

Une lente descente aux enfers de l'audience

La cause de cette décision est évidente : les audiences sont (trop) mauvaises. Depuis le 2 janvier 2017, la moyenne des spectateurs regardant Le Grand Journal est de 124 000, soit 0,6 % de part de marché. Et ça ne va pas en s’arrangeant.

Le mercredi 7 février, l’émission présentée par Victor Robert n’a attiré que 73 000 spectateurs, soit… 0,4 % de part de marché. Face à elle, des programmes comme Quotidien (TMC), C à vous (France 5) et Touche pas à mon poste (C8) fonctionnent très bien.

Le programme produit par la société Flab, filiale de Canal+, a connu une détérioration progressive de son offre. Une équipe actualisée des Guignols qui n’a jamais convaincu, une ligne éditoriale qui s’est réduite comme peau de chagrin (terminé l’actualité sociétale et politique, place à la culture et seulement à la culture) face au Petit Journal, conduit par Cyrille Eldin. Aussi, Le Grand Journal a été tenu de parler des produits culturels du groupe Vivendi : les films financés par Canal+ comme les artistes de la major Universal.

Au final, les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur la saison 2011-2012, l’émission rassemblait 1,7 million de téléspectateurs. 2014 à 2015 ? 1,2 million. 2015 à 2016, avec Maïtena Biraben aux commandes ? 599 000. Cette année ? 124 000. La décrue est progressive, alors que le coût de l’émission, 120 000 euros quotidiens en 2015, est élevé tandis que les prix des spots de publicité ont subi une diminution flagrante, passant de 11 000 euros pour 30 secondes en octobre 2011 à 1 800 euros aujourd’hui.

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