La Première ministre britannique admet que le Parlement pourrait s'opposer au Brexit

Theresa May a finalement admis que les députés auront leur mot à dire sur l'accord avec l'UE, même s'il sera peut être trop tard pour empêcher le Brexit.

Prime Minister Theresa May at the United Nations General Assembly (UNGA). (Photo : Crown Copyright/ Tom Evans)

La Première ministre britannique Theresa May  (© Crown Copyright/Tom Evans)

C'est la première lueur d'espoir des pro-européens depuis le vote du mois de juin dernier. Le gouvernement britannique a été forcé d'admettre que le Parlement a légalement son mot à dire sur les conditions qui entoureront la sortie de l'Europe du Royaume-Uni. Le Parlement pourrait ainsi être appelé à s'exprimer sur l'accord négocié entre le gouvernement et l'Union européenne (UE). Qualifiée de "victoire" par les parlementaires anti-Brexit, la nouvelle tombe alors qu’un appel à un référendum avait été lancé par certaines figures politiques, pour qui c’est le seul moyen de garantir le caractère démocratique du processus de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

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L’information a été arrachée à Theresa May pendant la session de la Chambre des communes (la chambre basse du Parlement) concernant la procédure d’invocation de l’article 50. Jusqu’alors la Première ministre avait toujours refusé d’admettre que le Parlement peut légalement avoir son mot à dire sur la question, restant très opaque sur le contenu des négociations en cours avec la Commission européenne.

Immédiatement reprise et commentée, cette annonce a bien sûr fait débat. Quand certains se réjouissent, d’autres s’affolent à l’idée de voir le résultat du vote de juin ignoré. Neil Carmichael, un député du Parti conservateur pro-Europe, a insisté sur l’urgence de cette potentielle consultation :

"Que le gouvernement accepte de donner la parole au Parlement sur les termes finaux du Brexit. Mais le Parlement doit avoir un rôle à jouer avant la fin des négociations. La meilleure façon de faire serait que le gouvernement s’engage à organiser un débat et un vote à la Chambre des communes concernant les négociations à venir avant que l’article 50 soit invoqué."

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Le député travailliste Keir Starmer, qui est par ailleurs un conseiller de la reine, a lui aussi affirmé que la Chambre des communes doit être impliquée dans tout le processus de négociation avec l’UE :

"La Chambre des communes doit être impliquée dans le processus du début à la fin. Les questions abordées sont simplement trop importantes pour que la chambre n’intervienne qu’une fois tous les choix faits.

Un vote tardif nous placerait, nous parlementaires, dans une position inconfortable où nous devrions choisir entre un accord négocié selon les termes du gouvernement ou un départ pur et simple de l’Union européenne sans qu'aucun accord n'ait été négocié. C’est une position inacceptable."

Inquiets de l’impact du Brexit sur leur quotidien et luttant contre la montée du racisme et l'augmentation du nombre d’attaques homophobes depuis l’annonce des résultats du référendum, de nombreux Britanniques espèrent un retournement de situation. Plus d’un million et demi d’entre eux ont notamment réclamé un deuxième référendum pour faire marche arrière. Alors que les spéculations vont bon train sur ce que sera le Royaume-Uni post-article 50, autoriser le Parlement ou le peuple à donner son avis sur les négociations semblent la meilleure voie à suivre.

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Traduit de l’anglais par Sophie Janinet

Par Lydia Morrish, publié le 21/10/2016

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