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Google crée un fonds de crise de 4 millions de dollars pour aider les immigrés

Publié le

par Andrew Arnett

NEW DELHI, INDIA – JANUARY 4: Google CEO Sundar Pichai at the event ‘Google partnering with small businesses’ at Taj Palace Hotel on January 4, 2017 in New Delhi, India. India-born Chief Executive of the world’s largest Internet Company Google said that his company will work overtime to evolve products for a more digitised Indian economy. (Photo by Virendra Singh Gosain/Hindustan Times via Getty Images)

En réaction au décret anti-immigration de Trump, le mouvement de solidarité envers les migrants venant de pays musulmans se poursuit aux États-Unis.

Le PDG de Google, Sundar Pichai, est l'un des grands noms de la Silicon Valley à s'être insurgés contre le décret anti-immigration de Donald Trump. (© Virendra Singh Gosain/<em>Hindustan Times</em>/Getty Images)

Le 27 janvier, Donald Trump a signé un  décret qui interdit à des ressortissants de sept pays à majorité musulmane d’entrer sur le territoire des États-Unis. Alors que des centaines de personnes se sont retrouvées bloquées dans des aéroports, cette décision a soulevé un mouvement de protestation dans le monde entier pendant le week-end.

Connu pour son côté cosmopolite et pouvant être affecté par cette interdiction, le secteur des nouvelles technologies s'est également insurgé. Les directeurs de Google, Apple, Microsoft, Facebook, Twitter, Airbnb, Netflix, Tesla Motors et Lyft ont tous dénoncé l’immoralité de cette décision et son caractère anticonstitutionnel. Google a notamment publié un communiqué dans lequel on peut lire :

"Nous sommes inquiets en ce qui concerne l’impact que ce décret et les restrictions que toute autre proposition de ce genre pourraient imposer aux employés de Google et leur famille, ou qui pourraient créer des barrières qui empêcheraient des gens talentueux de venir aux États-Unis."

L’entreprise a rappelé ensuite son intention de militer pour faire entendre sa voix, à Washington et ailleurs. Dans la foulée, elle a créé un "fonds de crise" de deux millions de dollars. Les employés de Google ont eux-mêmes contribué et doublé ce montant avec leurs participations, élevant le total à 4 millions de dollars. L’argent a été réparti entre l'ACLU (l’Union américaine des libertés civiles), l’ONG International Rescue Committee, le Centre d’aide juridique aux immigrés et l’Agence pour les réfugiés des Nations unies. C'est la plus grande campagne humanitaire jamais menée par Google, d'après USA Today.

Le président de Twitter, Jack Dorsey, a lui aussi commenté les conséquences du décret de Trump :

"L’impact humanitaire et économique de ce décret est réel et regrettable. Nous bénéficions tous de ce que les réfugiés et les immigrés apportent aux États-Unis."

Mark Zuckerberg a publié un long post sur son profil Facebook, où il rappelle que ses "arrières grands-parents sont arrivés d’Allemagne, d’Autriche et de Pologne", tandis que les parents de sa femme Priscilla "étaient des réfugiés originaires de Chine et du Viêt Nam". Et d'ajouter :

"Les États-Unis sont une nation d’immigrés, et nous devrions en être fiers."

Le président d’Airbnb, Brian Chesky, a quant à lui rédigé une note qu’il a épinglé sur la page d’accueil du site et qui déclare :

"Empêcher les réfugiés et les gens qui ne sont pas une menace d’entrer sur le territoire américain, simplement parce qu’ils viennent de certains pays en particulier, n’est pas juste et nous devons soutenir ceux qui sont affectés. Les portes des États-Unis doivent rester ouvertes et celles qui sont fermées ne le seront pas pour longtemps."

Brian Chesky a ajouté qu’il était en profond désaccord avec ce décret, qui va "directement à l’encontre de la mission d’Airbnb". Le PDG d’Apple, Tim Cook, a aussi déclaré dans une lettre distribuée dans toute l’entreprise qu'il ne soutenait pas ce décret, et qu’il avait pris contact avec la Maison-Blanche pour expliquer ses conséquences sur ses collègues et son entreprise.

Du côté de Netflix, le directeur Reed Hastings a visé le président Trump en déclarant qu’il s’agissait d’une "triste semaine", en référence à ces nombreux tweets où Donad Trump utilise le mot "triste". Il a également déclaré qu’il était temps de "se prendre par la main pour protéger les valeurs de liberté et d’opportunité de l’Amérique."

Enfin, Elon Musk, fondateur de Tesla et SpaceX, s’est lui aussi fendu d’une déclaration sur Twitter :

"Le décret d’interdiction d’entrée aux citoyens originaires de certains pays musulmans n’est pas le meilleur moyen de relever les défis auxquels ce pays fait face. Beaucoup de gens sont affectés négativement par cette politique, alors qu’ils sont de fervents défenseurs des États-Unis. Ils n’ont rien fait de mal et ne méritent pas d’être rejetés."

Le président maintient sur Twitter qu’il refuse d'assumer sa responsabilité pour les centaines de personnes qui ont été arrêtées et interrogées dans les aéroports américains ces derniers jours. Tout serait apparemment de la faute d’une compagnie aérienne :

"Seulement 109 personnes sur 325 000 ont été détenues et interrogées. Les gros problèmes aux aéroports ont été causés par une panne informatique de Delta."

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet

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