Owen Wilson et Vince Vaughn dans « Les Stagiaires », de Shawn Levy. (Twentieth Century Fox)

Voici deux extensions de Google Chrome pour traquer les fausses infos

Pour tenter de réguler la prolifération des sites de fausses infos, des développeurs ont imaginé deux extensions qui filtrent les sources.

Promis, ce ne sont pas les nouveaux stagiaires de Google qui s'en sont chargés. (© Warner Bros)

La victoire de Donald Trump, une fois la stupéfaction passée, a fait apparaître une série de nouveaux périls liés à l'information (parfois exagérément rendus responsables de l'élection du milliardaire) : les bulles de filtrage des réseaux sociaux, l'aveuglement élitiste des grands médias américains et la prolifération de la désinformation en faveur de l'alt-right, l'équivalent US de notre fachosphère à nous, ambiance complotisme et suprémacisme. Si Facebook a publiquement renoncé à toute responsabilité en rappelant à qui souhaitait l'entendre qu'il n'était toujours pas un média d'information et que la presse américaine s'est suffisamment flagellée pour expier ses fautes, le problème de la multiplication des sites de fausses infos, qui servent de caisse de résonance à la propagande conservatrice sans se soucier de la véracité des faits, n'a pas encore réellement été traité. Mais la victoire de Donald Trump a semble-t-il agi comme un électrochoc pour certains.

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Coïncidence : cette semaine, ce sont deux extensions Chrome similaires qui sont sorties, avec la même fonction – trier l'information sur le Web pour indiquer quelles sources sont fiables. La première, parue lundi, s'intitule B.S Detector et provient d'un développeur solitaire, Daniel Sieradski... ce qui peut poser problème sachant qu'il a développé seul la "liste noire" des sites. Heureusement, le code est sur GitHub, et quiconque peut participer – le trolling va être difficile à éviter, mais c'est une autre histoire. La seconde extension, qui est parue le 17 novembre, s'intitule Fake News Alert et provient de Brian Feldman, journaliste au New York Magazine.

Un océan de fausses infos

Le fonctionnement des deux applications est sensiblement le même, mais la première agit sur le fil Facebook tandis que l'autre fonctionne sur tous les types de recherche. Lorsqu'un lien vers un article apparaît sur votre recherche Google ou votre timeline, les applications vous préviennent, le cas échéant, que le site n'est pas particulièrement fréquentable et que vous feriez donc mieux de prendre l'info avec des pincettes – même si, je sais, il est tentant de croire à la théorie selon laquelle Hillary Clinton est un agent reptilien. Et je vous vois venir d'ici avec votre argument de censure, mais il ne s'agit aucunement de masquer ces pages, simplement d'indiquer lorsqu'elles ont déjà publié des hoax par le passé. Rassurez-vous, vous serez toujours libre de cliquer dessus en maugréant qu'on tente une fois de plus de vous cacher la vérité.

Si ces deux initiatives semblent bien dérisoires face à l'océan de fausses informations qui se déverse chaque jour sur les réseaux sociaux – dont certains ont d'ailleurs bien compris le potentiel lucratif, comme ces jeunes de Macédoine ayant raconté n'importe quoi sur Hillary Clinton pour faire du clic durant la campagne –, elles ont au moins le mérite de s'attaquer au problème. On attend toujours la réponse de Google, alors que des employés anonymes de Facebook ont publiquement dénoncé le manque d'implication de leur entreprise dans la modération des informations.

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Par Thibault Prévost, publié le 18/11/2016

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