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Les glaciers des Alpes fondent trois fois plus vite depuis 2003

Publié le

par Jeanne Pouget

(© Wikimedia)

Une nouvelle étude menée par des glaciologues grenoblois – en collaboration avec des laboratoires autrichiens, italiens et suisses – donne à voir une accélération brutale de la fonte des glaces alpines durant la dernière décennie.

Les glaciers du Mont-Blanc tiennent mieux le coup que les autres. (© Yesuitus2001/Wikimedia/CC)

Voici un nouveau signe – s’il en fallait un – du réchauffement climatique : les glaciers alpins fondent trois fois plus vite qu’avant. C’est ce que révèle une étude menée par le Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement (LGGE) de Grenoble, qui a observé une perte de surface des glaciers alpins français d’en moyenne 2 % par an entre 2003 et 2015, contre 0,7 % sur la précédente période étudiée (1986-2003). Si cela paraît a priori peu, c’est en fait énorme puisqu’en 12 ans le chiffre a presque été multiplié par trois, si bien que ces glaciers ont perdu en moyenne 25 % de leur superficie.

Pour le glaciologue grenoblois Antoine Rabatel, qui a réalisé ce travail de recherche, la fonte des massifs alpins est sensible :

"Le chiffre est presque multiplié par 3. […] L’augmentation du retrait est très nette, notamment dans les parties basses des glaciers. D’une manière générale, on peut relier ce rétrécissement à leur altitude moyenne dans les massifs", détaille-t-il à l’AFP.

Le Mont-Blanc résiste

Le chercheur note que les glaciers du massif du Mont-Blanc sont ceux qui résistent le mieux à cette érosion, avec un retrait de "seulement" 1 % par an sur la même période, contre 2,25 % par an pour les glaciers moins élevés des massifs des Écrins. Le plus touché est le massif de la Vanoise, avec 2,6 % de perte de surface par an en moyenne. Des disparités que le chercheur explique par l’altitude :

"La perte plus modérée constatée dans le massif du Mont-Blanc s’explique par le fait d’une altitude moyenne plus élevée des glaciers de ce massif."

Autrement dit, plus les sommets sont élevés et mieux ils résistent à la fonte des glaces. Mais jusqu’à quand ? À ce rythme, les scientifiques estiment que les neiges éternelles auront quasiment disparu d’ici la fin du siècle.

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