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Génie du montage absurde, Bill Wurtz revient avec "toute l’histoire du monde… ou presque"

Publié le

par Thibault Prévost

Dans sa nouvelle vidéo, le vidéaste Bill Wurtz s’attaque à l’histoire de l’univers tout entier. Bruitages mystiques, montage halluciné : Internet dans toute sa splendeur.

Le 2 février 2016, le grand bazar visuel de YouTube accueillait sur ses étagères l’un de ses plus beaux trésors : "History of Japan", de l’inconnu Bill Wurtz. Pas de description, une adresse URL, et neuf minutes d’explosions audiovisuelles pour illustrer un authentique cours d’histoire du Japon, depuis sa création à nos jours. Internet en eut le souffle coupé, et la vidéo, aujourd’hui tranquillement assise sur ses 26 millions de vues, a rejoint le club très fermé de ces pastilles solidement arrimées dans notre culture Web, que l’on montre avec déférence et un petit rire d’anticipation à tous ceux qui n’ont pas encore eu la chance de la visionner - et personne, non, PERSONNE ne résiste à son pouvoir enchanteur. La vidéo avait même valu à son créateur une obscure récompense dans la catégorie "chelou", qui n’avait d’autre intérêt que de voir enfin qui se cache derrière ce cours d’histoire sous champignons - une sorte de Bill Nye jeune, exactement ce qu’on pouvait espérer.

Le problème avec le contenu de qualité, c’est que le public en veut toujours plus, tout de suite, alors que ça prend du temps à produire. Bill Wurtz aurait pu, en toute logique, continuer à produire de petites pastilles humoristiques d’une minute et quelques à l’image de ses précédentes créations. Mais Bill Wurtz a préféré se mettre en retrait pour mieux revenir casser YouTube avec "history of the entire world, I guess" ("toute l’histoire du monde, ou presque"), présentation magistrale de vingt minutes déroulant, vous l’aurez deviné, l’histoire de la vie, la Terre, l’univers et l’espace-temps (mais surtout celle d’homo sapiens, quand même, parce qu’un peu d’ethnocentrisme n’a jamais fait de mal et qu’avant l’anthropocène, c’était quand même plutôt chiant).

Les jingles vocaux aux accents jazzy reprennent du service, les polices de caractères exhumées des traitements de textes des nineties aussi, c’est toujours aussi drôle, aussi pédago, aussi inspiré et aussi efficace pour nos pauvres petits cerveaux d’internautes incapables de se cultiver autrement qu’à travers des explosions de stimuli. Bill Wurtz le sait, et vous ne verrez rien de plus Internet que ça de toute la journée.

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